jeudi 11 juillet 2013

La jungle du balcon

Je suis assise à la table du salon, un verre de champagne à la main. 
Dehors, par la fenêtre ouverte j'entends les hirondelles pipeter en volettant. Elles deviennent plus rares avec l'arrivée de la nuit. Il y a des nids contre la façade. Il semblerait qu'il y ait eu plein de bébés cette année. 
Il y a aussi les moineaux, et parfois un merle se perche tout au sommet du toit voisin pour chanter, gorge déployée, accompagnant le jour tombant. 
Le balcon devant mes yeux est rempli de plantes. Lorsqu'on s'assied sur l'unique chaise qui s'y trouve, presque tapi comme un lion au milieu de la savane, on se retrouve entouré de végétation diverse et éparse. Beaucoup de fleurs sauvages et fleurs des champs ainsi qu'un assortiment large d'herbes aromatiques. Achillée, Geum, Centaurées, Sauge, lavande, fraises des bois, menthe, persil, ciboulette, peuplier blanc minuscule, pensées, mini épicéa, un sedum magnifique, etc. etc. 
Il y a même de mini plantules encore méconnaissables qui poussent dans les cracs entre le carrelage et le mur du balcon. 
Le balcon est sauvage. Aussi sauvage que peuvent l'être des plantes en pots. Rien de conventionnel ici. Les plantes vivent, s'épanouissent. Il y a de la place pour des surprises, des graines arrivées là par hasard. Des mélanges surprenants et beaux. Il y a une foule de petits insectes. Des bourdons, abeilles, araignées. Je crois même qu'une abeille solitaire a fait un nid dans un creux bien caché d'une plante. Pour arriver aux quelques fraises des bois, il faut contourner la toile d'araignée qui les garde. 
J'aime ce balcon. Il est représentatif de la personne qui l'a crée...

Au fait, c'est un verre à eau vert et du champagne sans alcool qui a fermenté un peu d'avoir été ouvert depuis plus d'une semaine. Le verre n'est pas dans ma main, mais à portée de main, car sinon, je ne pourrais pas être en train de taper avec mes dix doigts. 

mercredi 10 juillet 2013

Les sonneries du jour

Il y a une dizaine de minutes, j'entendis un bruit strident résonner à travers tout le bâtiment universitaire où j'étais. Une alarme sonnait, fort. Vite, il fallait partir et rapidement. J'ai pensé à mes données précieuses de mon travail de master et j'ai pris mon ordi portable et mon natel et je suis partie, le coeur battant un peu vite. Dans le corridor la sonnerie était insupportable. Perçante, criarde. Vite, vite je suis descendue les escaliers et me suis dirigée vers la sortie. 1-2 autres personnes quittaient également leurs bureaux et sortaient, hésitants du bâtiment. J'ai retrouvé un collegue. On ne savait pas trop où se diriger. Où était le point de rencontre lors d'évacuations? On a suivi la direction générale des quelques poignées de personnes qui s'en allaient.
Dehors, l'alarme était à peine perceptible, mais mes oreilles, elles sonnaient encore.
Chemin faisant, l'alarme s'est arrêtée et on est tous retournés dans le bâtiment.
Cela devait être un exercice.
Combien de personnes sont restées enfermées dans le bâtiment? Combien n'ont pas pris au sérieux l'alarme?
C'est quelque chose à ne jamais négliger, parce que un jour, peut-être cela ne sera pas un exercice. Et puis, il y a d'autres dangers que le feu, qui déclenchent les alarmes. Des fuites de gaz, etc. Alors ne pas voir ou sentir de fumée de signifie rien.
Je dois avoir ça dans le sang. Ce réflexe de me lever et partir, de ne pas hésiter. J'ai vécu mon enfance à un endroit où les maisons étaient en bois, où l'été était chaud et sec, où les feux sauvages, les feux de brousse ou de forêt étaient légion et où le risque d'incendie était toujours latent. Nous avions des exercices d'évacuation réguliers à l'école, tous les quelques mois. Et mine de rien, les réflexes restent, enfouis au plus profond de mon subconscient.
Contente que cela n'ait été qu'un exercice.

mardi 9 juillet 2013

Le vélo fantôme

Il était une fois, une maman qui décida de se rendre en vélo à la gare la plus proche, située dans le village voisin, afin d'y rencontrer une amie.
Lorsqu'elle annonça cet événement à sa fille, la fille lui dit qu'il allait probablement neiger, tant cette action était rare.
Cependant il ne neigea pas. Le vélo disparu.
La maman n'avait pas pris de cadenas avec elle, pour diverses raisons, et se dit que personne ne prendrait son vélo, qui tout de même avait fêté cette année ses 15 ans d'âge et de service loyal, bien qu'occasionnel. Son ancienneté se faisait sentir. Les freins crissaient, l'une des roues était désespérément carrée et depuis, la technologie cycliste avait bien évolué (et il avait des dimensions qui ne correspondaient pas aux pièces de rechange helvétiques, car il avait suivi une migration depuis un autre continent). Et puis, elle pensa qu'au final, s'il disparaissait, c'était tant mieux, car de ce fait elle n'aurait pas à s'en débarrasser.
Le vélo disparu donc. Dans un petit village où tout le monde connait tout le monde. Cela fit bien rire les concernés car ce fait avait été évoqué au préalable puis révoqué.
La maman émit l'hypothèse que quelqu'un l'avait peut-être emprunté pour rentrer chez lui et qu'il réapparaitrait peut-être le lendemain à la gare ou ailleurs.
Ainsi donc, le lendemain, la fille se rendit à la gare, sur un autre vélo, pour se dégourdir les jambes et voir si le vélo était de retour.
Elle rit toute seule en arrivant à la gare, de voir le vélo parqué sagement parmi les autres montures.
Fin.