lundi 29 septembre 2014

Les évasions de Cara et Laf - Feuilles

Voici venu le premier billet de notre rendez-vous photo avec Cara: Les évasions de Cara et Laf

Ce mois-ci, le thème était "feuilles". 

Au départ, j'avais l'intention de vous concocter un petit aperçu photographique des feuilles de la pépinière que j'ai visité samedi... mais j'ai été très prise dans mes observations de plantes et du coup j'ai complètement oublié de sortir mon appareil photo.

Du coup j'ai pris une photo de feuilles de vigne sur le balcon d'une amie (coucou si tu lis ceci d'ailleurs) dimanche, mais sans être très convaincue de ma photo, et sans avoir vraiment pris le temps de prendre le temps pour ce thème. ... 

première photo
J'avais envie de quelque chose de plus poétique ou de plus original... alors j'ai pris mon appareil photo avec moi au boulot ce matin, en me disant que je pourrais prendre quelques clichés des plantes saupoudrées de rosée ce matin dans le jardin que je traverse pour aller travailler... mais... j'avais les bras chargés de 15 mille choses et mon repas de midi et mon ordi et j'étais d'humeur maussade et je n'ai pas été inspirée. 

Une idée que j'avais eu en pensant à ce thème "feuilles", était de ne pas montrer de feuilles de plantes, mais plutôt un autre type de feuilles... qui est dérivé de plantes: des feuilles de papier. 
Alors je vous montre la pile de "feuilles" reliées qui se trouve actuellement sur mon bureau... Ca en fait quelques centaines de feuilles tout ça... 
Aussi, pour en rajouter une couche, les deux livres du dessus sont des guides de détermination de plantes... donc j'utilise des feuilles pour déterminer d'autres feuilles. :)

Voilàààà ma contribution à notre rendez-vous photo. Le mois prochain, j'essayerai de m'améliorer et de consacrer plus de temps au thème... pour être plus satisfaite de ce que je vous montre. 


pile de feuilles
pssst, allez voir chez Cara, chez Loulou, chez Vivement,  chez Anne, et chez Lulu ce qu'elles ont trouvé ce mois-ci. 

lundi 22 septembre 2014

Les évasions de Cara et Laf

Il y a quelques temps, en discutant avec ma chère amie Cara (du blog C'est reparti!), et pour mettre un peu de piment, de couleurs et un brin d'imagination dans nos vies passionnantes, nous avons décidé de lancer un petit rendez-vous photographique (je reprends l'expression de Cara), auquel vous pouvez participer si l'envie vous prenait de vouloir parsemer vos vies palpitantes d'un zeste d'évasion.

Le lundi de la dernière semaine de chaque mois, nous énoncerons un thème.
Puis, la semaine suivante (donc la première semaine du mois d'après) nous publierons une série de photos sur le thème proposé la semaine d'avant.

Vu que le mois de septembre arrive à son terme et que le mois d'octobre se profile tout doucement à l'horizon, nous annonçons le tout premier thème de nos toutes premières évasions!

Ce mois-ci, le thème est:

Feuilles




Si vous souhaitez participer, avec nous, vous avez du lundi 29 septembre au dimanche 5 octobre pour poster entre une et six photos en rapport avec ce thème sur votre blog.
Venez ensuite poster un petit commentaire ici (ou chez Cara), avec le lien vers votre billet.

Sur ce, laissez libre cours à votre imagination et rendez-vous dans une semaine pile-poil, pour découvrir votre interprétation du thème.

Bien du plaisir!

p.s. les règles du jeu sont ici.

dimanche 21 septembre 2014

Sous l'eau bis

Ah oui, parce qu'il fallait bien remettre ça. Après l'inondation au mois d'avril, bienvenue à celui qui marque la fin de l'été. Paf, pile pour marquer l'entrée en automne. ^^
Réveil aux alentours de 4h10, avec un mega orage qui tournait en rond au dessus du village. Normalement, on peut bien entendre l'avancée de l'orage à la proximité des coups de tonnerre, ouais... ben cette fois l'orage est resté scotché au dessus de nos têtes... avec de la grêle, du vent à profusion et surtout de la PLUIE. Des trombes, des rideaux, des cordes, des litres et des litres.
Alors lorsque j'ai commencé à entendre la discussion de mes voisins qui résonnait dans les corridors je suis sortie voir l'état des caves, et oui, on était en pleine inondation bis. L'eau montait, montait, c'était impressionnant.
Et puis une dizaine de minutes plus tard elle est redescendue. doucement, le flot s'est inversé et le niveau a baissé.
Ensuite j'ai été m'habiller (oui parce que j'étais encore en pyjama) et hop, j'ai pris mon balais et j'ai balayé de l'eau, avec les autres voisins qui étaient là, pour la faire repartir par où elle est venue.
Je crois que je vais investir dans une paire de bottes en caoutchouc. Juste pour que vu que je les aurais achetés, que j'en aie plus jamais besoin.
On a balayé, balayé, balayé pendant plus de 1h30.
Les pompiers sont passés et repassés et viennent d'arriver pour pomper l'eau restante.
Une dame, qui n'habite même pas l'immeuble nous disait d'arrêter de balayer parce que les pompiers allaient venir s'en occuper. Ouais mais juste, c'est pas comme si on était les seuls à être inondés et plus l'eau reste, plus les affaires s'imbibent et les pompiers eux, ne sont arrivés qu'il y a une dizaine de minutes, et ça va leur mettre un bon bout de temps pour pomper l'eau restant dans les endroits les plus inaccessibles.

Mais attendez, il y a une cerise sur le gâteau. Celle qui me rend euphorique (presque).
JE N'AI PAS ETE INONDEE!!!!!!!!!!
!!!!

!!!

!

Non. Cela a des avantages parfois d'avoir sa cave dans l'endroit le plus reculé du sous-sol, dans l'abri atomique, après 2 seuils sans grilles d'écoulement direct vers les égouts. Parce que bon, même si du coup toute l'humidité y stagne et que la dernière fois cela avait pris des décennies à sécher, mes deux petits seuils ont fait office de piscine et l'eau est redescendue avant de passer entièrement le 2ème seuil. Ma cave, ainsi que celle de 4 autres voisins est séche! Victoire!

Je vais faire une petite danse de joie.

(voilà, c'est fait).

Aussi, j'écoute "Let it go" de Frozen en boucle. lalalallalalaaalaaaaa.

Et je ne peux pas me rendormir, j'ai du avoir une poussée d'adrénaline qui n'est pas encore repartie.

Alors je vais aller danser en rond sur mon tapis en attendant de m'écrouler lorsque l'adrénaline sera repartie.

Et il se remet à pleuvoir.
Olé!


mercredi 17 septembre 2014

I love mud

Hier c'était la journée de la sortie annuelle de groupe là où je travaille. Une occasion pour mieux connaitre ma vingtaine de collègues que je ne vois que rarement. 
Chaque année on va à un endroit différent, et cette année on est allés...

au moulin-huilerie de Sévery qui est une des rares huileries traditionnelles du pays qui tourne toute l'année. Ils font différentes huiles et produits dérivés et nous avons pu assister à la fabrication d'huile de noix traditionnelle qui dans sa forme traditionnelle n'est pas pressée à froid mais torréfiée et donc chauffée avant que les noix ne soient pressées. C'est impressionnant la quantité d'huile qui coule de noix écrasées. Vraiment impressionnant. Et nous avons pu goûter du "nillon" qui est ce qui reste une fois l'huile pressée des noix (donc c'est le résidu "non-huileux" des noix). Puis nous avons procédé à une dégustation d'huiles et produits dérivés. miam, miam, miam. L'endroit est magnifique aussi. 

Ensuite, l'après-midi nous sommes allés à bivouac dans les arbres, non pas dormir dans leurs charmants petits bivouacs mais découvrir leur jardin d'une manière un peu particulière: pieds nus. Je me réjouissais vraiment de cette partie de la journée et je n'ai pas été déçue. Ce fut magique et génial. On visite autrement un jardin lorsqu'on n'a plus ses chaussures aux pieds. Et c'est un jardin magnifique (même si là c'était la toute fin de saison et beaucoup de fleurs étaient déjà fanées). Beaucoup à toucher et à sentir et des anecdotes très intéressantes à écouter. Ma partie préférée fut de pouvoir marcher dans la boue... de la boue jusqu'aux genoux presque. C'était trop cool. Cette sensation de boue entre les orteils, le long des jambes, et puis le fourmillement lorsqu'elle sèche ensuite sur tes pieds. :D Même que j'ai refait 3 fois le parcours boue pour en profiter le plus possible. J'ai particulièrement aimé là où elle était profonde et bien visqueuse. (d'ailleurs j'en ai encore entre les orteils. héhé).  

Une très chouette journée :)

(et pas de photos parce que j'ai omis de prendre mon appareil photo mit mir). 

lundi 15 septembre 2014

en apnée

Parfois, j'ai l'impression de nager sous l'eau et d'arriver au point où je n'ai plus trop d'air dans les poumons et qu'il faut que je remonte, mais je n'arrive jamais à la surface et le manque d'air persiste et s'intensifie petit à petit... Sauf qu'en réalité je ne suis même pas sous l'eau lorsque ça m'arrive. Et que j'ai beau ouvrir la bouche toute grande et inspirer autant d'air que je le souhaite, le sentiment persiste.
Ce soir, en badigeonnant un morceau de viande de moutarde, d'ail et d'huile et en repoussant aux frontières de ma tête la montagne de choses qu'il me reste à accomplir avant d'aller dormir, j'ai pensé que cela faisait plus de 9 mois que je n'avais pas eu de vraies vacances. 9 mois.
9 mois c'est le temps d'une grossesse.
9 mois c'est 3/4 d'une année.
9 mois c'est presque toute l'année 2014.
pioufffffff.
Et le pire dans tout ça, c'est que je sais que ces 9 mois vont se transformer en 10 mois, puis 11 mois et peut-être même 12 mois. et je suis lasse. et j'ai des larmes qui me montent aux yeux rien que d'y penser.
Et non, je ne peux pas prendre de vacances, en tous les cas pas dans l'immédiat proche (aka les 2 prochains mois). Je crois que je vais refouler cette pensée aussi aux bords de ma conscience parce que sinon je n'y arriverai jamais.

Sur ce, je vais continuer à nager et tenter d'arriver à la surface des choses. 

dimanche 14 septembre 2014

Petites merveilles d'un dimanche

Aujourd'hui j'ai vécu...

Les odeurs délicieuses embaumant mon château des tartes aux fruits pour la fête locale de la fin des moissons...

Le soleil, chaud sur mon visage, et le vent frais, annonciateur de la fin de l'été...

Un coeur en pierres, entraperçu sur le site de la gravière, à côté de l'immense tas de cailloux...

Deux petites têtes courant dans le train, le papa qui les suit et leur dit de l'attendre. Deux prénoms entendus à la volée et qui mis ensemble me font remarquer que je les connais ces deux là...  sans les avoir jamais rencontrés... par faire-parts de naissance, envoyés à ma maman...

Une après-midi très très chouette avec une famille d'amis tous chous, dans une vallée lointaine et verte....

Un mini bonhomme tout joufflu qui fait des mini sourires de charmeur et son grand frère, vif et espiègle...

Un retour en train, assoupie dans les rayons du soleil qui se couche...

Les étudiants qui reviennent tous, tirant une valise à roulette, remplis d'espoirs et prêts à démarrer un nouveau semestre...

Deux amis croisés dans la rue, avec un cousin visiteur, aux dents de vampire...

Le goût de la moutarde dans mon repas du soir... et du sirop au sureau...

Une journée toute douce et belle.




samedi 13 septembre 2014

Renard

Cette après-midi, je me suis sentie comme un renard qui salive devant une horde de poules enfermées dans un poulailler.
Sauf que je n'étais pas à l'affut derrière le grillage d'un poulailler...

Mais, il y était aussi histoire de horde de morceaux de viande vivants et bipèdes.

Je ne vous en dirai pas plus.

A vous de laisser libre cours à votre imagination (débordante ou non).


:D

Par contre, je me délecterai de vos suppositions dans les commentaires.



vendredi 12 septembre 2014

sauvage

Ce matin, je bosse depuis la maison et je prépare mon petit-déj avec la porte grande ouverte. Tout à coup j'entends à quelques pas derrière moi un miaulement long et intense. Je me retourne et vois le chat. Celui qui file à toute vitesse dans mon jardin depuis un an, qui ne se laisse pas approcher, qui me regarde avec méfiance. Ce même chat qui est à présent dans ma cuisine, à miauler à qui mieux-mieux. ????? heu???? tu as pété un cable?
Je m'approche, en pensant qu'il allait fuir, comme à son habitude, mais non. Choc ultime, il est venu se frotter à mes jambes!!!!
Je ne sais pas ce qui lui a pris, s'il a tout à coup décidé que ça valait la peine de devenir pote avec moi ou si c'était une occasion unique qui ne se reproduira pas de si tôt...
J'ai même eu de la peine à le remettre dehors.
Mouahahaha.
Et j'ai découvert que c'était un mâle... alors que j'avais toujours pensé que c'était la maman de la petite minette qui vient toujours me rendre visite. ^^

Bon, maintenant au boulot! 

jeudi 11 septembre 2014

battements d'ailes

Un jour après avoir lu le blog de mon amie Cara (lien ici) qui a photographié un papillon végétal, je me promenais dans un endroit ouvert d'où je pouvais téléphoner sans que des oreilles indiscrètes ne perçoivent mes mots et je suis tombée sur ces petites merveilles... que je suis retournée photographier le matin d'après, mais qui du coup étaient encore un peu endormies et moins déployées et ouvertes que la veille.

Voici ma version de papillons végétaux:

version du papillon qui volette au dessus de la masse (mais avec une horrible barre en métal)
troupeau de papillons, qui ressemblent un peu moins à des papillons que dans la  1ère photo, mais sans barre en métal

p.s. t'as vu Cara comme tu es inspirante? Sans ta photo je serais passée à côté de mes petites plantes sans même imaginer qu'ils pourraient être pris pour des papillons :)

mercredi 10 septembre 2014

Brèves de voisinage

C'est sympa comme titre "brèves de voisinage". Ca sonne bien. Catchy. On s'intéresse tous à nos voisins, non? Un peu. Avouez. 

Anyways. Cette histoire ne sera probablement pas si brève, parce que j'ai tendance à être boulimique en mots (tant mieux, au moins je ne suis pas anorexique). 

Ce soir, j'arrive dans mon château fort. Par mesure d'économies, je partage mon château fort avec plusieurs dizaines d'autres châtelains (et en fait ce n'est même pas "mon" château fort. Mais passons). 

Ainsi donc, je suis entourée, de l'autre côté des divers murs en pierre super épais et qui laissent passer aucun son (... hem... ca c'est dans mes rêves) (parait que les boites d'oeufs ont un pouvoir d'isolant sonore... je vais peut-être crépir mon mur de boites d'oeufs... mais esthétiquement c'est moche), par de super voisins. 
Tous of course charmants, distingués, mangeant leur soupe à la petite cuillère en or (oui parce que chez moi on est tous tellement riches qu'on a des petites cuillères en or) (in my dreams) et ne s'intéressant pas du tout à la vie de leurs co-châtelains. 
D'ailleurs comment s'y intéresser quand on ne les entend pas et ne les voit pas (vu qu'on est dans un château fort et que les vitres n'avaient pas encore été inventées au moment de sa construction, les fenêtres sont réduites à des fentes à canon (ca a un nom, qui n'est momentanément pas disponible dans mon cerveau), et donc impossible d'espionner ses co-châtelains. 
Et pourquoi les espionner lorsqu'on a une vie sociale bien remplie (étant donné que mes co-châtelains sont parfaits). En plus on n'espionne pas ses co-châtelains, mais ses ennemis, non?

Bref. 

Donc, reprenons: ce soir, j'arrive chez moi et je vois sur le pont-levi abaissé deux voisins + un conjoint qui parlent à haute voix, et de surcroit le garde de faction la tête penchée sur son créneau de donjon observant la scène de là-haut. 

(attendez, je ris toute seule, je dois me remettre de mon accès)

Ah, et un micro tigre roux en devenir dans les mains du conjoint (qui en fait n'est qu'un simple soupirant, mais passons sur la terminologie).

Vu que la situation semblait assez mouvementée et tendue et que de toutes manières la porte était bloquée par l'attroupement et que je ne pouvais pas véritablement laisser mon voisin sans scrupules se débattre tout seul avec cette histoire, je me suis arrêtée et j'ai écouté ce qu'il se passait. 

Pour vous clarifier les rôles de chacun je vais donne à mes acteurs de petits noms. Alors, nous avons:
Mlle P. (ma voisine)
Mr le soupirant (le copain de Mlle P.)
Mr. G. (mon voisin... kaaaaarf... je réalise que je ne sais même pas leurs vraies initiales dans la vraie vie)
et le garde (aka l'ancien concierge qui a une vie tellement palpitante qu'il se doit d'être toujours penché à son créneau de donjon à regarder ce qu'il se passe) (c'est triste quand même). 
Ah, et encore un habitant X qui s'est enfui en passant par la porte dérobée lorsqu'il a vu qu'il y avait un attroupement devant le pont-levi. 

Je dois aussi vous faire un plan de la situation afin que vous compreniez tout l'enjeu de la scène et passerai au fait divers un peu plus bas: 
Mlle P. est la nouvelle venue du château. Jeune (j'ai appris aujourd'hui qu'elle avait 20 ans), fumeuse de cannabis de bas étage, jouisseuse à gorge déployée (les murs sont épais, personne n'entend... dans mes rêves) et semblant réagir à toute situation difficile en hurlant. C'est son premier domicile hors du nid familial et j'ai appris ce soir qu'elle était à l'aide sociale et semble avoir une situation familiale horrible. Son soupirant semble empirer la situation en hurlant aussi et en étant passablement violent... entre autres envers elle (les murs sont épais, on est au courant de rien... ou pas). Ils semblent avoir un couple joyeux et épanoui, sans jamais péter de travers et sans jamais élever la main ou la voix l'un contre l'autre (ah non, ça c'est la situation dans mes rêves). 
Les premières semaines après son arrivée, on les a relativement souvent entendu hurler ensemble, se taper dessus, fracasser les objets dans leur aile du château, à toute heure du jour et de la nuit (sans parler des odeurs de cannabis de bas étage, et parait-il de la musique). Mais étant donné que les murs sont en pierre bien épaisse, personne n'entend rien... ou pas. 
Anyways. La première fois que c'est arrivé, j'ai hésité à appeler la garde royale tellement c'était violent. Mais je n'ai pas osé, parce que c'était la première fois et qu'une voisine était allée sonner chez eux (courageuse, moi j'ai eu trop peur de me faire défoncer la face par le prétendant... ca peut être violent les prétendants parfois...) pour qu'ils se calment. La deuxième fois cela n'a pas duré trop longtemps et bref. La 3ème fois je n'étais pas là, mais Mr. G, qui visiblement avait raté les deux premiers épisodes est intervenu. Ensuite il y a eu la fois où ils ont fait je sais pas trop quoi (aka déplacé des meubles?) au milieu de la nuit, en faisant beaucoup de bruit. Du coup Mr. G a fini par appeler la reine (chez nous c'est une reine qui règne sur le château) qui visiblement a envoyé une lettre de menace d'expulsion et d'accusation pour divers maux à Mlle P. ... Je pense que Mr. G. n'est pas le seul à avoir appelé, et que le garde a eu beaucoup de choses à raconter à la gérance puisque j'ai appris ce soir que Mlle P. avait non seulement reçu une lettre de menace d'expulsion, mais les motifs étaient que 1) elle faisait trop de bruit, 2) elle hébergeait illégalement un deuxième occupant. 
Attendez, et pas n'importe quoi comme occupant. un ALBANAIS. ouuuh... le pire mal de la terre. Héberger un albanais. Tout le monde sait qu'il ne faut jamais héberger d'albanais... du moins pas dans mon royaume. erk, erk, erk. (racistes va...). 

hahahahahahahahahaha. 

Alors attention. Non seulement quelqu'un note les allez et venues du pretendant de Mlle P. Mais en plus il arrive à deviner sa nationalité par la force de la pensée. 
Mais il n'arrive pas à faire A+B = C parce que le drapeau vert blanc rouge accroché à la fenêtre pendant tous le mondial était un leurre... pour faire croire que l'albanais n'en était pas un...
hahahaha. Non, parce que quel albanais irait supporter l'italie pendant un mondial de foot, hein? dites moi?. Donc notre cher albanais mal-aimé était en fait italien. 

Donc Mlle P. se fait accuser d'héberger illégalement un étranger... parce que bon, qu'il soit albanais ou pas, c'est quand même un vice semblerait-il dans mon royaume de 1) héberger quelqu'un qui n'est pas inscrit sur le registre du royaume (tout à coup s'il s'avérait que c'était un espion) et 2) sa nationalité entre en compte. 

Ensuite Mlle P. tombe des nues, parce que personne (sauf Mr G.) n'est venu se lamenter devant sa porte de tapages nocturnes ou journaliers. PERSONNE. Alors bon, lorsque vous recevez une lettre de la reine, avec sceau royal et tout et tout, sans préavis, ben... voilà quoi... surtout lorsque vous croyez dur comme fer ... ou plutôt dur comme pierre que vos murs font 1m d'épaisseur et sont de merveilleux isolants sonores. 
Alors bon, je veux bien que le prétendant soit impressionnant et que moi-même j'hésiterai à me frotter contre, mais je choisirai un moment où il est absent, pour aller demander à Mlle P. de diminuer le volume de son orchestre privatif. 

Anyways. L'histoire du jour était que Mlle P. et son prétendant s'étaient de nouveau engueulés et que Mr. G. était allé sonner pour voir si elle était encore vivante. Et visiblement cette fois-ci elle hurlait parce qu'elle venait d'apprendre la mort de sa grand-mère (tout le monde gère à sa manière un décès... mais hurler contre son prétendant, et avec lui, c'est rare tout de même) et qu'elle s'était énervée contre son prétendant qui tentait de lui donner des conseils. Ensuite elle s'est mise dans tous ses états parce qu'elle a eu peur que parce qu'ils avaient refait du bruit, quelqu'un re-téléphone à la gérance et qu'elle se fasse expulser. Je ne vais pas tenter de comprendre si ce qu'elle racontait est entièrement vrai ou non, mais de ce que j'ai vu, son prétendant envenimait bien la situation malgré le fait qu'elle lui dise de se taire et de partir et tout le monde s'énervait... lui traitant Mr. G. de "vieux" (haahaaa, je ris... il l'a bien pris. il est chou, il ne s'est pas énervé et n'a rien pris personnellement). Bref. au bout de plusieurs pics lancés par le prétendant envers Mr. G. et de Mlle P. qui tentait de faire taire son prétendant pour expliquer la situation à Mr. G. et faire comprendre son point de vue, la situation s'est détendue. Mlle P. m'a parlé, Mr. G. aussi (étant renforcé dans sa position par le fait qu'il n'était plus tout seul), et gentiment tout s'est calmé (mon coeur aussi) et j'ai assuré à Mlle P. que si quelqu'un se plaignait à la gérance pour le bruit de ce soir que je témoignerais qu'elle avait des circonstances atténuantes (aka le décès de son aïeule). 
On a tous les 4 conclu que c'était vraiment pas cool de la part des autres châtelains que de dénoncer Mlle. P. pour des faits sans même tenter de lui parler avant, et on a tous été agacés par le fait que le garde observe tout nos faits et gestes. Mr. G. a fini par serrer la main aux deux, et a dit au prétendant "on est pas fâchés hein? je ne tient pas rigueur de ce qu'il s'est passé ce soir ni de ce que vous m'avez dit". On a même pu discuter de la future formation de Mlle P. et changer un peu de sujet et tout le monde est rentré dans son aile du château. 

Difficile de bien expliquer l'ampleur de la situation. Et je ne fais pas entièrement confiance à Mlle P. et son prétendant, quelque chose semble clocher chez eux et son prétendant surtout ne m'inspire pas confiance du tout. Mais ils semblent avoir une vie pas facile et avoir de graves problèmes personnels... et de couple. Et je trouve vraiment très triste qu'ils se tapent déjà dessus à 20 ans. Mais bref. 

En conclusion: sachez que dans mon royaume: 1) c'est très mal vu d'avoir un prétendant qui vient régulièrement vous visiter... de nuit de surcroit alors que vous avez loué une aile du château pour une seule personne, 2) c'est encore plus mal vu si votre prétendant semble être étranger... il suffit de sembler l'être... et encore pire s'il est albanais (gare à vous), 3) les murs sont mal isolés et tout bruit de "jeune" sera mal vu (alors que les bruits de télé du voisin sourd ou les bruits de pas de la châtelaine d'au dessus qui marche avec des sabots en bois sont très bien tolérés), 4) les gens vous dénonceront pour toute action perçue comme gênante sans venir vous en parler, 5) il y a des châtelains qui ont une vie siiiii passsionnnnannnnteeeuuuhhhhh qu'ils observent tous vos faits et gestes. Peut-être même qu'ils notent la couleur de vos slips, votre coupe de cheveux, ainsi que vos horaires d'allez et venues, ah et of course le nombre de visites que vous recevez. 

Ca a l'air fantastique la vie dans mon royaume. Fantastique. D'autant plus que la moyenne d'âge de mes co-châtelains doit être de 65 ans et que souvent plus on vieillit, moins on est tolérant.

Anyways. Maintenant que j'ai la confirmation que le garde observe véritablement TOUT le monde (ou du moins les rares jeunes du château) cela me donne envie de rendre la vie du garde de service plus pimentée en lui livrant de faux faits et gestes croustillants. hahahahahaha... 

Avis à mes visiteurs de château, si vous voulez venir me rendre visite revêtu d'une cape noire, ou avec des brassards flotteurs oranges fluos aux bras, ou en sautillant sur un pied, ou vêtu d'un sac poubelle, ou en rampant sur le sol, ou avec des objets incongrus, ou simplement en ayant l'air non-helvète, n'hésitez surtout pas. 

The end. 


mercredi 3 septembre 2014

La chute des géants

On s'y attendait depuis quelques semaines.
D'abord il y a eu la missive de la commune et la séance d'information pour nous avertir qu'un deuxième foyer d'infestation avait été découvert, juste là, sur la grande route toute proche et que des mesures allaient être prises à titre préventif pour endiguer l'épidémie.
Ensuite il y a eu les manifestations visibles, se rapprochant petit à petit de mon chez-moi.
Un trou béant dans une haie.
Une maison découverte, sortie de son écrin de verdure. Un tas de bois et de branches de 3m de haut.
Des souches (ou devrais-je dire moignons?) et de la sciure, seuls témoins d'une grandeur passée.
Et puis lundi, de grosses croix roses sont apparues sur les géants de mon quartier.
Signant leur arrêt de mort.
Cela n'était plus qu'une question d'heures.
De jours tout au mieux.
Ce matin, j'ai été réveillée par le ronronnement macabre de la tronçonneuse.
Par le bruit du bois qui craque et se fend.
Un, deux, trois, quatre, cinq, six, etc. tous se sont inclinés.
Sans résistance aucune.
Un simple coup d'épée et ces géants ont disparu.
Je ne suis pas encore sortie voir l'ampleur des dégâts.
Voir les trous dans le paysage, comme autant de dents qui manquent à un sourire éclatant.
Le paysage qui perd de sa tridimensionnalité.
Voir le tas de cadavres entassés, pêle-mêle.
Alors que je vous écris ceci, j'ai entendu le craquement sinistre d'un géant de plus.
Et le cri de victoire de son assaillant en le voyant tomber.
Il n'a pas pu résister mais il est tombé bruyamment.
Le bruit des armes résonne entre les murs en béton.
Certes, on les sacrifie pour éviter un mal bien plus grave.
On pourra les canoniser de manière post-hume.
Leur donner une médaille pour leur courage et pour services rendus à la nation entière.

Le son des armes s'est apaisé un instant.
Les assaillants doivent se reposer.
Reprendre des forces.
Il n'y aura pas d'armistice avant que leur tâche soit accomplie.
Avant que toutes leurs victimes soient couchées.
On ne tue pas les hommes pour endiguer ou prévenir une épidémie.
Non.
Tout au plus on les déplace, on les isole.
Mais on n'hésite pas à tuer les géants verts.

Ca y est.
Le ballet macabre des tronçonneuses reprend.

Et mon coeur saigne.