vendredi 31 juillet 2015

Le fauve

L'autre soir tandis que je marchais à travers la savane qui embaumait les graminées sèches, j'ai vu, tapis dans les hautes herbes, un fauve gris bleuté.
Il était gigantesque, bien plus grand que moi.
Son pelage bleuté le camouflait à merveille parmi les herbes cassantes de couleur paille.
Ses yeux immenses m'observaient et il avait du me voir approcher bien avant que moi je ne perçoive sa présence.
Je me suis arrêtée sur mes pas et l'ai observé.
J'ai plongé mes yeux verts dans ses soucoupes dorées.
Nous nous sommes regardés pendant un temps indéfini.
Et puis j'ai avancé; traçant mon chemin à travers les hautes herbes bruissantes, jusqu'à arriver à 2 longueurs de bras de sa crinière.
Je me suis arrêtée et je l'ai salué.
Je me suis accroupie en boule sur le sol, mes besaces tombant à mes pieds.
J'ai approché une main, il a eu un mouvement de recul et s'est déplacé en arrière.
Toute cette masse qui s'est déplacée souplement.
Je l'ai appelé doucement, lentement.
Encore, et encore.
Ma bouche formait des sons destinés à lui seul.
Petit à petit il s'est approché de nouveau. Un pas, un autre. Et puis il s'est couché juste hors de portée de mon bras.
Sa crinière frôlant presque le bout de mon majeur.
J'ai continué à l'appeler, j'ai retiré ma main.
Et il est venu.
Ses yeux dorés fixés sur les miens.
J'ai enfoui ma main dans sa crinière chaude.
Je l'ai entendu ronronner doucement.
Un bruit très bas. Très rauque.
Il avait des brindilles emmêlées dans sa crinière.
Et puis je me suis relevée et lui ai tourné le dos.
J'ai continué mon chemin dans la savane, sans un regard en arrière.
Ce que c'est beau un lion bleuté.


N.B. Les choses ne sont pas telles qu'elles paraissent être. Alors avant de monter sur vos grands chevaux, de vous arracher les cheveux ou de manger 10 plaques de chocolat prenez soin de vérifier vos prétendus soupçons... 

lundi 27 juillet 2015

Lorsque ta barbe devint rousse


Je fais face à l'ouest, au bord d'un précipice.
Je suis assise contre la roche.
Et tu es appuyé contre moi.
Le poids d'un corps contre un autre.
Il fait doux.
Les cailloux rendent la chaleur emmagasinée durant la journée.
Cela sent le cyprès, la rocaille, le bois sec et toi.
Les cigales crissent au loin.
Dans la vallée les villages sont dans l'ombre.
J'entends des cloches de moutons et les aboiements d'un chien au loin, résonnant contre les rochers, mon rire et tes paroles.
Le soleil est un globe orange gigantesque, frôlant les collines à l'horizon.
Il n'y a personne d'autre que nous là-haut.
Le soleil s'est couché et a embrasé le monde et tout est devenu roux.
Nos cheveux.
Ta barbe noire.
Les arbres.
Le ciel
et la terre.
La nuit tombe.
Une chouette hulule.
Mon nez est enfoui dans ta tignasse et tes bras m'enveloppent.
La lune répand ses rayons sur le monde et les arbres veillent, en silence.







dimanche 26 juillet 2015

Les forteresses



Ce matin, les montagnes se sont teintées de rose orangé. 
Les ombres sont encore longues et sombres, mais les versants s'embrasent. 
Elles paraissent si petites ce matin...
Hier soir, après le coucher du soleil elles se profilaient en ombres bleutées à l'horizon. Gigantesques. 
Impénétrables. 
Telles une forteresse de géants, haute de 2000m. 
Maintenant elles sont blanches à nouveau. 
Grises blanches et roses contre le ciel bleu pâle, timide du petit jour. 
Elles portent si bien leur nom ces montagnes. 
A la lueur du jour elles paraissent plus faciles à prendre d'assaut. 
Moins inaccessibles. 
C'est fou ce que la lumière peut changer leur échelle. 
Et puis dans les montagnes et sur leurs contreforts, il y a ces forts, reliques d'un temps passé. 
Certains sont hantés. 
Des forteresses aux pieds des montagnes imprenables. 
Quelle ironie. 



mardi 21 juillet 2015

tzitzika, le retour...

L'autre jour, alors qu'on traversait des cultures d'oliviers pour tenter de rejoindre la côte, on a vu à quoi devait ressembler l'invasion des sauterelles pendant les 7 plaies d'Egypte... Un nuage de cigales s'est envolé à notre passage des arbres, de partout. Il y en avait tout autour de nous, le ciel en était noirci, leur bruit était assourdissant et certains sont entrés dans la voiture.
On en a retrouvé des heures plus tard dans la voiture encore. ha.
Ce fut une expérience intéressante. 

les poissons au fond de l'eau

Je vous disais donc, l'eau ici est si limpide que si je me tiens tranquille les pieds sur les galets, sans faire de vagues je vois mon ombre sur le fond de l'eau et les poissons qui s'approchent de mes chevilles. Il y en avait de petits de la couleur des cailloux, et puis un poisson un peu plus gros, vert et jaune...

En attendant le soleil

Les tzitzikis m'ont réveillé ce matin, avant l'aube.
Commençant à chanter toutes en même temps.
Des vagues entières de cigales, un bruit qui roule, repart, revient, s'intensifie.
Je suis sortie m'asseoir sur la plage.
Il n'y avait personne d'autre que nous.
Le sable était froid sous mes orteils.
La mer était belle, encore une fois.
J'ai attendu, attendu, attendu.
C'était beaucoup trop tôt.
J'ai frissonné dans mon pyjama.
Un pêcheur est parti au large dans sa petite barque, se découpant sur le relief vallonné d'ombres chinoises.
Et puis les premiers rayons ont frôlé l'île au large.
Les sommets des montagnes se sont illuminés.
Tout d'abord une grosse tache orange sur le flanc, qui s'est étiré et a englobé toute la montagne.
Le cap s'est embrasé aussi, et enfin, la plage s'est illuminée.
La lumière était d'argent.
Le soleil déjà chaud.
Ce que c'est merveilleusement beau un lever de soleil. 

lundi 20 juillet 2015

les lueurs dans le ciel

Il y a les montagnes, grises et bleutées dans l'ombre de la lumière du soir.
Il y a cette route, entre mer et montagne, zigzagant parmi la rocaille et le thym odorant. 
Il y a ces petits villages, les murs peints en blanc. 
La route étroite. 
L'arbre géant sur la place du village. 
Les petits vieux qui nous regardent passer.
Les cigales par milliers qui emplissent l'air de leurs crissements. 
Si forts. 
Il y a un mois encore elles n'étaient pas là. 
Il y a cette petite crique, lovée au pied de la montagne. 
L'eau si limpide qu'on voit chaque galet sur le sol. 
Et puis il y a eu aussi les étoiles. 
Par milliers.
Des centaines de milliers. 
Des milliards d'étoiles. 
Tellement qu'il était impossible de les compter. 
La notion même de ciel étoilé se transforme. 
Comment ne pas se sentir minuscule devant tant d'astres?
Le ciel est empli de lueurs.
Et la voie lactée était visible aussi... 
Un croissant de lune très fin qui se couchait derrière la montagne. 
Plusieurs étoiles filantes et autant de voeux, sous ce ciel étoilé... 
C'est une terre de merveilles ici. 


samedi 18 juillet 2015

sweet dreams

Nouvelle fourre d'oreiller, made by me. 
Chaque nuit je rêve de cet endroit. 


vendredi 17 juillet 2015

épi

Je suis couchée au pied de ces épis bruissants.
Ils sont silencieux car l'air est lourd et sans souffle.
Le soleil perce à moitié entre les nuages et sa lueur tombe sur les arêtes des épis.
Ces longues arêtes qui se dressent vers le ciel.
Elles luisent et sont vert olive, gris, jaune sec.
Ce soir, il me semble que toute la beauté du monde est contenue dans ces épis.

mardi 7 juillet 2015

Foehn

Cet après-midi alors je que marchais d'un point A vers un point B à l'extérieur, il m'a semblé que quelqu'un tenait un foehn* géant devant mon visage.
L'air était plus chaud que la température de mon corps...



* psst. pour les non-helvètes, un foehn = un sèche-cheveux... et un vent du sud.