Je suis assise à la table du salon, un verre de champagne à la main.
Dehors, par la fenêtre ouverte j'entends les hirondelles pipeter en volettant. Elles deviennent plus rares avec l'arrivée de la nuit. Il y a des nids contre la façade. Il semblerait qu'il y ait eu plein de bébés cette année.
Il y a aussi les moineaux, et parfois un merle se perche tout au sommet du toit voisin pour chanter, gorge déployée, accompagnant le jour tombant.
Le balcon devant mes yeux est rempli de plantes. Lorsqu'on s'assied sur l'unique chaise qui s'y trouve, presque tapi comme un lion au milieu de la savane, on se retrouve entouré de végétation diverse et éparse. Beaucoup de fleurs sauvages et fleurs des champs ainsi qu'un assortiment large d'herbes aromatiques. Achillée, Geum, Centaurées, Sauge, lavande, fraises des bois, menthe, persil, ciboulette, peuplier blanc minuscule, pensées, mini épicéa, un sedum magnifique, etc. etc.
Il y a même de mini plantules encore méconnaissables qui poussent dans les cracs entre le carrelage et le mur du balcon.
Le balcon est sauvage. Aussi sauvage que peuvent l'être des plantes en pots. Rien de conventionnel ici. Les plantes vivent, s'épanouissent. Il y a de la place pour des surprises, des graines arrivées là par hasard. Des mélanges surprenants et beaux. Il y a une foule de petits insectes. Des bourdons, abeilles, araignées. Je crois même qu'une abeille solitaire a fait un nid dans un creux bien caché d'une plante. Pour arriver aux quelques fraises des bois, il faut contourner la toile d'araignée qui les garde.
J'aime ce balcon. Il est représentatif de la personne qui l'a crée...
Au fait, c'est un verre à eau vert et du champagne sans alcool qui a fermenté un peu d'avoir été ouvert depuis plus d'une semaine. Le verre n'est pas dans ma main, mais à portée de main, car sinon, je ne pourrais pas être en train de taper avec mes dix doigts.