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dimanche 8 novembre 2015

le chat de l'ombre - l'ombre du chat

Le village était situé sur les contreforts de la montagne. La route principale le traversait de part en part. Il y avait aussi la place du village, avec une fontaine et l'éternel platane. Des ruelles blanches remplies de marches montaient depuis la route principale. Un vrai labyrinthe. De vieilles maisons et d'autres plus récentes, agrippées sur les flancs de la montagne. Des ruines. Des jardins. Beaucoup de fenêtres sombres.
Quelques unes éclairées. Des parcelles de vies. Une vieille grand-mère habillée de noir, assise dans un grand fauteuil devant la TV. L'odeur des plantes dans les jardins et dans les pots le long du chemin.
Des chats partout.
Et puis les étoiles, par milliers, entraperçues entre les branches des oliviers là-haut, en dehors du village.
La voie lactée, blanche dans le ciel profond, et cette nuit sans lune.
et puis l'ombre du chat qui nous accompagnait dans notre balade.
Une ombre étirée, des pattes très longues, une queue interminable et un corps très fin.
L'image même du chat - félin.
Elle était belle cette ombre étirée, sous le ciel étoilé, dans le dédale des ruelles du village.

vendredi 31 juillet 2015

Le fauve

L'autre soir tandis que je marchais à travers la savane qui embaumait les graminées sèches, j'ai vu, tapis dans les hautes herbes, un fauve gris bleuté.
Il était gigantesque, bien plus grand que moi.
Son pelage bleuté le camouflait à merveille parmi les herbes cassantes de couleur paille.
Ses yeux immenses m'observaient et il avait du me voir approcher bien avant que moi je ne perçoive sa présence.
Je me suis arrêtée sur mes pas et l'ai observé.
J'ai plongé mes yeux verts dans ses soucoupes dorées.
Nous nous sommes regardés pendant un temps indéfini.
Et puis j'ai avancé; traçant mon chemin à travers les hautes herbes bruissantes, jusqu'à arriver à 2 longueurs de bras de sa crinière.
Je me suis arrêtée et je l'ai salué.
Je me suis accroupie en boule sur le sol, mes besaces tombant à mes pieds.
J'ai approché une main, il a eu un mouvement de recul et s'est déplacé en arrière.
Toute cette masse qui s'est déplacée souplement.
Je l'ai appelé doucement, lentement.
Encore, et encore.
Ma bouche formait des sons destinés à lui seul.
Petit à petit il s'est approché de nouveau. Un pas, un autre. Et puis il s'est couché juste hors de portée de mon bras.
Sa crinière frôlant presque le bout de mon majeur.
J'ai continué à l'appeler, j'ai retiré ma main.
Et il est venu.
Ses yeux dorés fixés sur les miens.
J'ai enfoui ma main dans sa crinière chaude.
Je l'ai entendu ronronner doucement.
Un bruit très bas. Très rauque.
Il avait des brindilles emmêlées dans sa crinière.
Et puis je me suis relevée et lui ai tourné le dos.
J'ai continué mon chemin dans la savane, sans un regard en arrière.
Ce que c'est beau un lion bleuté.


N.B. Les choses ne sont pas telles qu'elles paraissent être. Alors avant de monter sur vos grands chevaux, de vous arracher les cheveux ou de manger 10 plaques de chocolat prenez soin de vérifier vos prétendus soupçons... 

vendredi 12 septembre 2014

sauvage

Ce matin, je bosse depuis la maison et je prépare mon petit-déj avec la porte grande ouverte. Tout à coup j'entends à quelques pas derrière moi un miaulement long et intense. Je me retourne et vois le chat. Celui qui file à toute vitesse dans mon jardin depuis un an, qui ne se laisse pas approcher, qui me regarde avec méfiance. Ce même chat qui est à présent dans ma cuisine, à miauler à qui mieux-mieux. ????? heu???? tu as pété un cable?
Je m'approche, en pensant qu'il allait fuir, comme à son habitude, mais non. Choc ultime, il est venu se frotter à mes jambes!!!!
Je ne sais pas ce qui lui a pris, s'il a tout à coup décidé que ça valait la peine de devenir pote avec moi ou si c'était une occasion unique qui ne se reproduira pas de si tôt...
J'ai même eu de la peine à le remettre dehors.
Mouahahaha.
Et j'ai découvert que c'était un mâle... alors que j'avais toujours pensé que c'était la maman de la petite minette qui vient toujours me rendre visite. ^^

Bon, maintenant au boulot! 

lundi 11 août 2014

A l'aube des temps, l'oeuf...

Sachant que l'oeuf en grec se dit αυγό (qui se prononce un peu comme "afgho"... ou "avgho", je sais plus, y'a une règle si c'est plutôt le son fffff ou vvvv) et que l'aube se dit αυγή (afghi ou avghi), on peut en conclure que vu leur similarité linguistique, l'oeuf est venu à l'aube des temps et que la poule n'est apparue que bien après.
Voilà de quoi résoudre le problème de l'oeuf et de la poule en 3 minutes chrono.

Avouez, c'est une théorie qui se tient! :D héhé.


Petites réflexions lorsqu'on petit-déjeune en tête à tête avec son dico de grec.


Autre fait divers du petit-déj: Roméo et Juliette version chat (ou plutôt "gros matou en manque qui veut sauter la petite minette du coin"):

- minette saute sur le rebord de ma fenêtre, fine et agile comme elle est
- gros matou ne peut pas la suivre étant gros, dodu et un peu hormonisé, il s'écraserait contre la vitre sans même mettre une patte sur le rebord de la fenêtre.
- minette entre sur ma table à manger et s'ensuit un épisode de ronrons pendant que mon pull vire du noir au blanc poilé.
- matou miaule dès que la minette est sortie de son champ de vision
- je repose délicatement la minette sur le rebord de la fenêtre pour continuer en paix mon petit déjeuner sans poils.
- elle y reste perchée, s'étire 15 fois, se lèche, fait sa toilette, fait sa belle, s'étire à nouveau
- lui: accroupi au pied de la fenêtre, il la regarde fixement.
- vu qu'elle était toujours là après mon petit-déj et qu'elle avait fait des tentatives de repartir du rebord de la fenêtre sans y arriver parce que le matou était dans l'unique endroit d'atterrissage possible je l'ai reprise à l'intérieur pour la faire sortir par la porte.
- à nouveau miaulements dès qu'elle a disparu de son champ de vision (et elle: rien à foutre, aucune réaction).
- hop, je la fais sortir par la porte, et 1.5 secondes plus tard la voilà qui déguerpi à toute vitesse pourchassée par le matou et ses hormones...
Quelle vie... L'harcèlement sexuel chez les chats, ça existe vous croyez? :D

Bon, au boulot. 

jeudi 20 mars 2014

Felix

Printemps 1993.
Par une après-midi ensoleillée, nous avons pris la voiture, tous les 5, pour nous rendre dans le refuge pour animaux du coin.
Je me souviens d'y être arrivée.
Je n'ai aucun souvenir de l'avant, ni si nous avions réclamé un animal de compagnie (mais probablement), ni si nos parents nous avaient expliqué où nous allions. Mais nous y étions.
J'avais 5 ans.
C'était grand.
Nous sommes entrés dans le refuge. Il y avait des alignements de cages partout.
Un corridor. Puis on passait dans une autre partie du refuge avec encore plus de cages.
Nous cherchions un chaton.
Les chatons qui étaient disponibles étaient ceux qui avaient un petit carton glissé dans une petite pochette sur le devant de leur cage.
Le tout premier que nous avons observé était tout noir. Tout minuscule. Joueur.
Il n'y avait pas de petit carton sur sa cage.
Nous avons fait le tour du refuge.
Il y avait d'autres chatons. D'autres minuscules petites boules de poils.
Mais il n'y en a eu seulement un qui a capturé nos coeurs, dès le premier regard.
La petite boule noire du début.
Le premier que nous avions vu.
Il nous avait déjà adopté.
Et nous aussi.
Mais il n'avait pas de petit carton.
C'est là où mes parents ont fait la chose qui a changé la vie du chaton et de la notre.
Il s'en est fallu de peu pour qu'on adopte un autre chaton.
Ils ont demandé à un employé du refuge si le chaton sans carton était tout de même disponible.
Il l'était.
!
La minuscule boule n'avait pas encore de petit carton pour la simple raison qu'il venait d'arriver au refuge le jour même.
Il avait été retrouvé au bord d'une route.
A côté du cadavre de sa maman.
Ecrasée.
.
Nous avons pu le ramener avec nous!
Notre premier chat!
Le début d'une histoire de complicité et d'amour profond.
Mes parents avaient préparé une petite boite en carton avec un linge ou un coussin, ouverte sur le dessus.
Je n'avais aucune expérience des chats au préalable.
Je me souviens que le petit chaton essayait de se sauver du carton pendant le voyage et que je ne savais pas trop comment faire pour le faire rester dedans.
Lorsque nous sommes arrivés à la maison, il a filé se cacher sous le canapé et y est resté pendant un bon bout de temps.
Nous cherchions un nom à lui donner, et mon papa a proposé Felix. Parce qu'il avait déjà eu un chat dans son enfance qui s'appelait pareillement.
Et puis il y avait le dessin animé "Felix the Cat".
Le nom est resté.
Felix.
Il a passé la nuit enfermé tranquillement dans la salle de bains.
Je me suis réveillée à l'aube le lendemain, excitée à l'idée d'avoir un petit chaton dans la maison et suis allée le libérer de son repère nocturne.
Je l'ai sorti et posé sur la moquette devant la cheminée.
La première chose qu'il a fait c'est de faire pipi sur la moquette.
Ce fut la seule fois où il a fait pipi à un endroit inapproprié.
Felix était tellement minuscule et jeune que pour qu'il puisse manger on devait mouiller ses croquettes et lui mettre les pattes dans son bol.
Il a vite grandi.
C'était un chat fantastique.
Rapidement il est devenu "mon" chat.
On avait une certaine complicité lui et moi.
Difficile à expliquer.
Ce n'était pas un gros matou paresseux.
C'était un chat de gouttière, patient et rusé. Câlin aussi.
Il était spécial parce qu'il était entièrement noir.
Sauf une dizaine de poils sur son poitrail.
Mais ils sont partis au bout d'un moment.
Il rapportait parfois des souris sur le paillasson.
Jamais à l'intérieur.
Je pouvais l'observer pendant des heures.
Il faisait un truc que j'ai toujours trouvé trop bien: il suffisait que je mette ma main devant sa bouche pour qu'il se mette à la lécher.
C'était chouette parce que nul autre chat à ma connaissance (à ce moment là) ne faisaient la même chose.
On jouait parfois à un jeu ensemble.
Je lui poursuivais à travers le jardin.
Il se laissait suivre un moment. Puis s'arrêtait et me laissait l'attraper.
Un jour je l'ai vu pleurer.
Lorsque ma soeurette lui a fait peur avec je ne sais plus quel objet et qu'il s'est retrouvé coincé dans un coin et s'est blessé à la jambe.
Des larmes de chat.
Cela fait tant mal au coeur.
Et puis un jour, lorsque j'avais 9 ans, ma maman m'a annoncé qu'on allait revenir en Helvétie et qu'on ne pourrait pas le prendre avec nous.
Mon Felix... on allait devoir le laisser là-bas... sur un autre continent.
Chez quelqu'un d'autre.
C'était difficile.
Triste.
Déchirant.
Injuste.
Probablement ce fut la meilleure option pour lui.
Mais dans mon coeur de petite fille cela ne l'était pas.
Au final on a pu lui trouver une très chouette famille.
Une des maitresses de notre école.
Une dame très sympa, qui habitait de surcroit sur la "black cat road".
Elle en a pris grand soin.
Et je crois qu'il a aimé sa 2ème vie.
Elle nous a envoyé de temps à autre des nouvelles.
Ils ont déménagé ensuite dans un endroit moins densément peuplé.
Il a probablement aimé les grandes étendues.
Les champs et les granges remplies de souris.
On est allé le voir un jour, lorsqu'on est retournés en visite dans la ville.
Il m'a reconnu.
Les chats, cela n'oublie pas de si tôt.
C'était un moment magnifique.
Et puis, plusieurs années plus tard, un jour, on a reçu un email très triste.
Il était mort.
Il était déjà vieux.
Je ne sais plus quel âge il avait.
Plus de 11 ans en tous les cas.
Il s'était fait pourchassé par des chiens et était mort.
Tristesse.
Mais je au final je crois qu'il a eu une belle vie.
Avec nous, puis avec la dame.
En ce premier jour de printemps, il aurait eu 21 ans.
:)



lundi 23 décembre 2013

saucisse volante

Ce matin, j'ai ouvert mes volets (j'ai des stores, mais c'est plus bucolique de dire "volets") sur la tranquillité du matin de vacances, du ciel bleu, du soleil, de l'herbe tout fraiche et des morceaux de saucisse qui tombaient du ciel devant le museau du chat du quartier. 

Après m'être assurée que la pluie de saucisses avait cessé, j'ai pu observer le chat les lancer en l'air avec sa patte et les catapulter à travers le jardin. J'ai ri et le chat s'est arrêté pour m'observer. 
Elle était tellement chou. Cela faisait un moment que je ne l'avais plus vue. 
Elle a fini par gober ses morceaux de saucisse célestes puis est venue miauler sous ma fenêtre plein d'espoir vain. 
Plus tard, lorsque je suis sortie, je l'ai revue, au sommet du gazon du voisin (leur terrain est un peu en pente), bien exposée au regard de tous, assise, les yeux à moitié fermés, savourant royalement le moment... elle était en train de faire caca. haha. La petite reine. Elle avait un de ces airs souverains. Terrible. :)