On s'y attendait depuis quelques semaines.
D'abord il y a eu la missive de la commune et la séance d'information pour nous avertir qu'un deuxième foyer d'infestation avait été découvert, juste là, sur la grande route toute proche et que des mesures allaient être prises à titre préventif pour endiguer l'épidémie.
Ensuite il y a eu les manifestations visibles, se rapprochant petit à petit de mon chez-moi.
Un trou béant dans une haie.
Une maison découverte, sortie de son écrin de verdure. Un tas de bois et de branches de 3m de haut.
Des souches (ou devrais-je dire moignons?) et de la sciure, seuls témoins d'une grandeur passée.
Et puis lundi, de grosses croix roses sont apparues sur les géants de mon quartier.
Signant leur arrêt de mort.
Cela n'était plus qu'une question d'heures.
De jours tout au mieux.
Ce matin, j'ai été réveillée par le ronronnement macabre de la tronçonneuse.
Par le bruit du bois qui craque et se fend.
Un, deux, trois, quatre, cinq, six, etc. tous se sont inclinés.
Sans résistance aucune.
Un simple coup d'épée et ces géants ont disparu.
Je ne suis pas encore sortie voir l'ampleur des dégâts.
Voir les trous dans le paysage, comme autant de dents qui manquent à un sourire éclatant.
Le paysage qui perd de sa tridimensionnalité.
Voir le tas de cadavres entassés, pêle-mêle.
Alors que je vous écris ceci, j'ai entendu le craquement sinistre d'un géant de plus.
Et le cri de victoire de son assaillant en le voyant tomber.
Il n'a pas pu résister mais il est tombé bruyamment.
Le bruit des armes résonne entre les murs en béton.
Certes, on les sacrifie pour éviter un mal bien plus grave.
On pourra les canoniser de manière post-hume.
Leur donner une médaille pour leur courage et pour services rendus à la nation entière.
Le son des armes s'est apaisé un instant.
Les assaillants doivent se reposer.
Reprendre des forces.
Il n'y aura pas d'armistice avant que leur tâche soit accomplie.
Avant que toutes leurs victimes soient couchées.
On ne tue pas les hommes pour endiguer ou prévenir une épidémie.
Non.
Tout au plus on les déplace, on les isole.
Mais on n'hésite pas à tuer les géants verts.
Ca y est.
Le ballet macabre des tronçonneuses reprend.
Et mon coeur saigne.
D'abord il y a eu la missive de la commune et la séance d'information pour nous avertir qu'un deuxième foyer d'infestation avait été découvert, juste là, sur la grande route toute proche et que des mesures allaient être prises à titre préventif pour endiguer l'épidémie.
Ensuite il y a eu les manifestations visibles, se rapprochant petit à petit de mon chez-moi.
Un trou béant dans une haie.
Une maison découverte, sortie de son écrin de verdure. Un tas de bois et de branches de 3m de haut.
Des souches (ou devrais-je dire moignons?) et de la sciure, seuls témoins d'une grandeur passée.
Et puis lundi, de grosses croix roses sont apparues sur les géants de mon quartier.
Signant leur arrêt de mort.
Cela n'était plus qu'une question d'heures.
De jours tout au mieux.
Ce matin, j'ai été réveillée par le ronronnement macabre de la tronçonneuse.
Par le bruit du bois qui craque et se fend.
Un, deux, trois, quatre, cinq, six, etc. tous se sont inclinés.
Sans résistance aucune.
Un simple coup d'épée et ces géants ont disparu.
Je ne suis pas encore sortie voir l'ampleur des dégâts.
Voir les trous dans le paysage, comme autant de dents qui manquent à un sourire éclatant.
Le paysage qui perd de sa tridimensionnalité.
Voir le tas de cadavres entassés, pêle-mêle.
Alors que je vous écris ceci, j'ai entendu le craquement sinistre d'un géant de plus.
Et le cri de victoire de son assaillant en le voyant tomber.
Il n'a pas pu résister mais il est tombé bruyamment.
Le bruit des armes résonne entre les murs en béton.
Certes, on les sacrifie pour éviter un mal bien plus grave.
On pourra les canoniser de manière post-hume.
Leur donner une médaille pour leur courage et pour services rendus à la nation entière.
Le son des armes s'est apaisé un instant.
Les assaillants doivent se reposer.
Reprendre des forces.
Il n'y aura pas d'armistice avant que leur tâche soit accomplie.
Avant que toutes leurs victimes soient couchées.
On ne tue pas les hommes pour endiguer ou prévenir une épidémie.
Non.
Tout au plus on les déplace, on les isole.
Mais on n'hésite pas à tuer les géants verts.
Ca y est.
Le ballet macabre des tronçonneuses reprend.
Et mon coeur saigne.