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mardi 8 décembre 2015

délicatesses

L'avantage de vivre dans un canton catholique est que nous avons beaucoup de jours de congé, pour cause de fête religieuse, comme aujourd'hui à tout hasard...
Je suis donc partie me balader, sous un épais brouillard, qui petit à petit s'est levé et dissout.
Nous sommes à présent sous le soleil (le luxe hein!).
Voici quelques beautés observées sur le chemin:









dimanche 6 décembre 2015

Perles d'eau

Il n'y a pas de mots pour décrire leur beauté... je vous laisse admirer!







vendredi 31 juillet 2015

Le fauve

L'autre soir tandis que je marchais à travers la savane qui embaumait les graminées sèches, j'ai vu, tapis dans les hautes herbes, un fauve gris bleuté.
Il était gigantesque, bien plus grand que moi.
Son pelage bleuté le camouflait à merveille parmi les herbes cassantes de couleur paille.
Ses yeux immenses m'observaient et il avait du me voir approcher bien avant que moi je ne perçoive sa présence.
Je me suis arrêtée sur mes pas et l'ai observé.
J'ai plongé mes yeux verts dans ses soucoupes dorées.
Nous nous sommes regardés pendant un temps indéfini.
Et puis j'ai avancé; traçant mon chemin à travers les hautes herbes bruissantes, jusqu'à arriver à 2 longueurs de bras de sa crinière.
Je me suis arrêtée et je l'ai salué.
Je me suis accroupie en boule sur le sol, mes besaces tombant à mes pieds.
J'ai approché une main, il a eu un mouvement de recul et s'est déplacé en arrière.
Toute cette masse qui s'est déplacée souplement.
Je l'ai appelé doucement, lentement.
Encore, et encore.
Ma bouche formait des sons destinés à lui seul.
Petit à petit il s'est approché de nouveau. Un pas, un autre. Et puis il s'est couché juste hors de portée de mon bras.
Sa crinière frôlant presque le bout de mon majeur.
J'ai continué à l'appeler, j'ai retiré ma main.
Et il est venu.
Ses yeux dorés fixés sur les miens.
J'ai enfoui ma main dans sa crinière chaude.
Je l'ai entendu ronronner doucement.
Un bruit très bas. Très rauque.
Il avait des brindilles emmêlées dans sa crinière.
Et puis je me suis relevée et lui ai tourné le dos.
J'ai continué mon chemin dans la savane, sans un regard en arrière.
Ce que c'est beau un lion bleuté.


N.B. Les choses ne sont pas telles qu'elles paraissent être. Alors avant de monter sur vos grands chevaux, de vous arracher les cheveux ou de manger 10 plaques de chocolat prenez soin de vérifier vos prétendus soupçons... 

jeudi 20 novembre 2014

La force de l'eau

Sur mon île méditerranéenne, si forte en contrastes, l'eau, et son apparition, est également contrastante.
En été, il peut ne pas y avoir une seule goutte de pluie pendant 5 mois, et la très grande majorité des précipitations tombe pendant les mois d'hiver.
La veille de mon arrivée sur l'île, il y a eu de très fortes précipitations... si fortes que dans les montagnes à l'ouest, il y a eu un épisode de flash-flood.
On a eu la chance de voir l'après-flood peu de jours après.
C'est là où on se rend compte de la force de l'eau.
Voyez plutôt:

Après avoir vu des cailloux encombrant toute une portion de la toute nouvelle route à côté d'une falaise (chose pas si étrange dans ces lointaines contrées où les routes sont construites un peu n'importe comment, sans trop prendre en compte la géologie locale), nous avons pu voir le torrent qui est sorti de sol lit et a encombré la route, et encore, je suppose que quelqu'un est venu déblayer une portion de la route déjà.

Puis de veritables tranchés, creusés au milieu de nulle part, mettant à nu l'enchevêtrement de racines d'arbres. 


Pour vous montrer à quel point cela a creusé le sol (là ma collègue est sur une route non goudronnée, sur un substrat plus ou moins d'accumulation d'éboulis ou matériel meuble).


La plaine alluviale du torrent à sec, qui se met à fonctionner seulement lors d'événements extrêmes, comme celui que nous avons vu.  Les flancs érodés.


Certains ont plus de chance...



que d'autres :(



Nouveau petit barrage à sédiments, qui fonctionne... au moins partiellement... (cela n'a pas empêché le 2ème barrage situé en aval de se faire entièrement détruire... et c'est là où on se demande pourquoi autant d'argent est investi dans des édifices dont on ne sait pas trop à quoi ils servent)









Et une vue depuis l'aval. Remarquez comme la base de l'édifice est déjà en train de se faire complètement éroder. Il ne fera pas long feu non plus...


Et pour finir, je vous mets deux photos d'avant-après (ou plutôt après-avant) pour vous montrer les différences temporelles. 
La première a été prise cette année, après le flash-flood et après la construction de leurs ouvrages de rétention de sédiments. Le lit de la rivière est complétement remobilisé, depuis l'endroit où j'ai pris la photo (sur le bord de la route qui devrait traverser le lit) il y a une falaise, nouvellement formée d'environ 1.5m (qu'on ne voit pas sur la photo). Et là, encore, on ne voit pas que par endroits, l'eau a creusé et remobilisé les sédiments sur plus de 2-3m de hauteur!


Et voici à quoi ressemblait le lieu il y a 2 ans (et avant qu'ils mettent leurs ouvrages de rétention). Plat et paisible. 


mercredi 1 octobre 2014

Bol d'air frais - bol de couleurs - bol de senteurs - bol de textures...

Mon arrière-pays est splendide. 
Du vert vif du printemps à l'automne. 
Un bleu clair dans le ciel, typique du ciel helvète, de gros nuages moelleux comme de gros moutons volants. 
Des arbres par-ci, par-là. Un, deux, trois, cent, cent un et plus. A cette saison on les distingue presque tous, les uns des autres. 
Ils se parent de couleurs chaudes. 
Les hêtres deviennent roux. Un roux cuivré. 
Les contre-forts des montagnes au loin, en ombre chinoise. 
Une prairie tout humide et remplie de petites créatures rampantes. 
La forêt toute proche qui bouge, vit, murmure. 





et une petite merveille trouvée dans un champ. 

mercredi 19 mars 2014

mâles

Ah làlà. Ce blog est momentanément devenu un blog de plantes. Printemps oblige. Quotidien oblige (parce que ces temps, lorsque je suis pas empêtrée jusqu'aux coudes dans des cernes d'arbres (80% de mon temps), lorsque je ne dors pas, pendule pas, ou que je ne mange pas, j'ai le nez fourré dans le seul livre de détermination potable qu'il existe pour mon île grecque, qui est... auf Deutsch. Allez me traduire "lancéolé, feuilles pennatiséquées, verruqueux, ligule, bractée, crénelé, etc. etc." d'allemand en français. 
Moui, cela demande un sacré boulot, une once de flair et une bonne dose de patience et de persistance. Déjà qu'en français comprendre les mots d'un livre de détermination ça demande pas mal d'essais et d'erreur. Mais j'ai de la chance, le guide est auf deutsch et pas en grec. Ca serait bien plus ardu sinon. ^^bon, je referme cette longue parenthèse). 

Revenons à nos petites fleurs. Cela vous intéressera probablement pas forcément, mais peu m'en importe.

Vu que certains saules sont en plein boom de floraison en ce moment, je voulais vous dire que les chatons tous jaunes et doux qu'on voit un peu partout en ce moment sont des individus mâles. Sisi. Parce que les saules aussi (comme mes mercuriales de l'autre jour) ont des plantes mâles et femelles séparées (en général). Donc toutes ces boules jaunes qu'on voit un peu partout sont en fait sur des individus mâles. Les fleurs femelles, elles sont moins voyantes. 
D'ailleurs, un chaton est un regroupement de nombreuses fleurs (qui forment une inflorescence). C'est le même principe que chez les tournesols par exemple, ou les paquerettes (sauf qu'eux ont des fleurs qui sont mâles et femelles en même temps). 
Donc en cueillant un chaton, vous avez un "bouquet" de fleurs. Pareil pour une paquerette. (d'ailleurs, lorsqu'on enlève les pétales aux paquerettes, en fait chaque pétale correspond à une fleur bien distincte). 

Bref. je m'égare.

Ci-dessous encore une photo de chaton et puis une photo d'une bébé ortie qui ne pique pas encore. :D


Bouquet de fleurs mâles

Jeune ortie fraichement éclose, toute douce, toute innocente, prête à sortir ses griffes :D

lundi 17 mars 2014

The sound of spring

Un titre en anglais, parfois cela vient plus facilement, sonne plus harmonieusement, convoie une autre image. Ici, en référence à la chanson de Simon & Garfunkel (cliquez ici: chanson) "The sound of silence".
D'ailleurs, l'anglais est la langue dans laquelle j'ai appris à écrire et lire en premier. Je n'ai pas su lire ni écrire en français jusqu'à ce que je sois en 4ème primaire, où j'ai rattrapé tout mon retard en un été passé à la montagne, ainsi qu'à la montagne de livres sous laquelle je me réfugiais. Ouaip.
Revenons donc à nos sons.

On parle souvent des odeurs du printemps, des visions de petites fleurs, herbes vertes, oiseaux virevoltants, chats en chaleur, rayons de soleil et tout et tout. On parle aussi souvent des chants des oiseaux. Mais il y a d'autres sons. Je partage avec vous trois d'entre eux.

Le bruit des pins. Les craquements de l'écorce, des pives, de l'arbre qui s'étire et se réveille au retour du soleil et de la chaleur. Si l'on reste assez longtemps sous un pin, on pourra y découvrir une mélodie même.

Cette après-midi, je suis sortie me balader. A chaque pas que je faisais j'entendais un bruit sourd. Indéfinissable. Profond et vibrant. Je n'entendais pas bien parce que mes pantalons crissaient et les feuilles mortes craquaient sous mes pas. Je me suis arrêtée et j'ai écouté. J'ai entendu un tronc d'arbre vrombir et résonner aux coups de becs répétés et sourds d'un Dendrocopus (ou pic, en français, mais difficile de dire lequel exactement à distance. L'était pas vert en tous les cas).

Et puis les bourdons sont de retour, grosses boules vrombissantes et lourdes.

:)

dimanche 16 mars 2014

De week-end en week-end

Semblerait que ces semaines je saute d'un week-end à l'autre, attendant avec impatience son arrivée éminente (ou non).
Et parfois je me retrouve à devoir travailler tout le week-end pour finir une présentation annoncée tardivement et en dernière minute (note personnelle: c'est la dernière fois que je fais ça. Trop marre. La prochaine fois je leur ferai des dessins au tableau).
Mais ce week-end fut un "vrai" week-end.
Même si chaque vendredi soir je prends la résolution de me lever tôt le samedi pour prendre le chemin des champs pour me rendre au marché, pour l'instant cela ne fonctionne pas du tout. Je me retrouve toujours à retarder mon réveil et au final à prendre le bus (ou le vélo, cela arrive parfois. rarement) et à faire tout le trajet en ligne droite... voire parfois à ne pas m'y rendre du tout et à aller m'entasser dans le super-marché surbondé parce que j'ai dormi jusqu'à midi.
M'enfin bref.
Outre divers légumes et des oranges de Terre des Hommes, j'ai investi dans un persil en pot, qui trône à présent sur ma terrasse (avec le vain espoir que le chat ne vienne pas le sprayer) (bon, personne n'est mort d'avoir mangé du spray de chat je pense, mais ca doit être deguelasse) (j'vous dis ça, parce que hier j'ai touché une ficelle imbibée et l'odeur m'a poursuivi moi et mes doigts toute la matinée... jusqu'à ce que j'aille aider une amie à retourner son jardin et épandre du compost par dessus... où après l'odeur du compost bien fermenté m'a poursuivi, ah lalala) donc, revenons à mon persil: il trône dans un joli petit pot. J'ai grand espoir d'avoir une récolte perpétuelle de persil à travers l'année (et de thym et de ciboulette).
Anyways, cette aprem je suis partie me balader dans la campagne qui se retrouve peuplée de bien plus d'âmes humaines qu'en semaine.
Il faisait chaud, beau, y'avait pleeein de petites fleurs, j'ai fait des petites observations, suivi des chemins boueux au possible et isolés (pour éviter les hordes de gens), fait plusieurs zigzags pour voir l'état de la végétation à divers endroits, essayé des chemins que je n'avais pas encore pris, observé les travaux des bucherons dans la forêt, compté des cernes d'arbres (eh oui... déformation professionnelle) pour finir avec une luzule dans les mains à déterminer (que j'ai replanté dans un de mes pots avec l'aide du chat (pas celui qui spray)).

Parait que les premières hirondelles sont arrivées! :D C'est officiellement le printemps!

Quelques petites photos...
Anemone nemorosa

Bois

De bien étranges marques sur les arbres :)

Chatons doux et jaunes (saule divers)

Ca c'est l'écaille qui recouvrait le chaton...



Mercurialis perennis, plante mâle, fleurs pas encore ouvertes (z'avez vu ça, les plantes ont un genre aussi :D )

mercredi 12 mars 2014

il y a des jours...

Il y a des jours, où on se demande bien pourquoi on n'est pas resté au fond du lit toute la journée, ou allongé sur la chaise longue au soleil.

Il y a des jours, où l'on sait pertinemment bien que la journée sera improductive au possible, mais où on doit tout de même aller au travail, parce qu'on a un rendez-vous, une conférence, des instruments à préparer avec les collègues.

Il y a des jours où son corps, pour une raison indéterminée, fait un peu n'importe quoi et où cela fait mal.

Alors vu qu'aujourd'hui est l'un de ces jours et que mes capacités de concentration et de production sont réduites à néant, je vous mets quelques photos de petites plantes (et oiseaux) qui se préparent au printemps.



Premières feuilles de... mais qui est-ce donc? Qui arrive à deviner? (c'est une plante qu'on peut manger)

Milans, milans, milans, milans...

Petit crocus esseulé au milieu d'un champ puriné

Feuilles d'Arum (probablement) qui sortent un peu partout dans les sous-bois ces jours
créant de splendides contrastes de couleurs avec les feuilles de Fagus

p.s. Une splendide journée pleine d'amour et de soleil à ma Maman :)

dimanche 23 février 2014

la Pie et la Bête

Ce soir je suis sortie me balader avant que le soleil ne disparaisse complètement. Je marchais le long d'un ruisseau, bien goulu et glougloutant, rempli d'eau tumultueuse avec toute la pluie de hier.
J'observais l'eau couler, profonde et rapide.
Tout à coup j'ai vu une Pie sur une branche.
Elle était très bavarde.
Plus que normal.
Angoissée.
Elle avait une aile tachée de rouge, et je me suis dit "c'est bizarre, ce ne peut pas être un reflet de soleil".
Alors je l'ai regardée plus attentivement.
Elle était sur une branche, instable, tombant à moitié, ouvrant une aile seulement. Tentant de se retenir avec ses serres.
Une aile seulement. Parce que celle avec la tache rouge était blessée.
Ensanglantée.
Et là j'ai vu, tapi dans l'ombre, caché derrière la haie, la Bête.
Rousse et blanche.
De grosses canines.
Elle n'était pas beaucoup plus grosse que la Pie.
Et la pie est retombée sur le sol et j'ai crié et tapé des mains et des pieds.
J'ai crié contre la bête de toutes mes forces.
Elle s'est éloignée de quelques mètres, puis m'a regardé.
Moi qui étais de l'autre côté du ruisseau et qui ne pouvais rien faire.
J'ai cherché une grosse pierre, mais il n'y avait rien.
Pas de pierres, pas de branche bien lourde.
Et j'ai observé la Pie courir dans l'herbe, affolée, déséquilibré par son aile blessée.
Au lieu de s'éloigner de la Bête elle s'en est rapprochée.
Puis elles ont disparu de mon champ de vision, et j'ai eu un sentiment horrible d'impuissance dans mon ventre.
Le même sentiment que le jour où j'ai vu un cygne agonisant sur une berge et où le lendemain il ne restait plus que un duvet de plumes éparpillé à travers les branches.
Le même que le jour où j'ai vu trois bébés mésanges, de grosses boules colorées apprendre à voler et que plus tard j'ai vu trois mini taches plumeuses écrasées sur la route.
Je suis partie, mais je ne pouvais pas sortir la Pie de ma tête.
Je ne savais pas quoi faire, mais je ne pouvais pas juste partir comme ça.
Alors je suis revenue, 5 minutes après.
Il n'y avait plus un bruit.
Le ruisseau coulait toujours.
La Bête n'était plus là.
J'ai failli partir, triste, me disant que la Bête avait réussi son coup.
Quelque chose m'a fait regarder dans le ruisseau.
Un vain espoir me disant que si elle s'y était réfugiée, peut-être qu'elle avait pu échapper à ses crocs.
Elle y était bien la Pie. Immobile, retenue par quelques herbages fous, à moitié dans l'eau.
Elle ou un autre oiseau.
Peut-être déjà là bien avant ce soir.
Peut-être était-ce son compagnon.
Il parait que les Pies sont toujours par deux, et je n'ai pas vu l'autre.
Je ne sais pas trop. Il commençait à faire noir, et elle était de l'autre côté du ruisseau.
J'étais prête à me mouiller les pieds pour la récupérer.
A aller sonner à la maison la plus proche, dégoulinante, un oiseau blessé dans les bras.
A faire n'importe quoi, mais faire quelque chose.
J'ai lancé une fine branche pour voir si elle réagissait.
J'en ai lancé une deuxième, une troisième, une quatrième.
Il n'y a pas eu de mouvement.
Rien.
Si c'était la Pie, elle s'était noyée.
Je me suis sentie impuissante. Encore.
Et triste.
J'espère qu'un jour je pourrai sauver un oiseau des griffes acérées de la Bête et le voir s'envoler guéri et revigoré.
Pour la première fois j'ai compris à quel point la Bête était un prédateur effroyable.
Vous allez me dire "c'est la nature, ça se passe tous les jours, c'est comme ça".
Oui, mais non. Les Bêtes, y'en aurait pas autant par km2 si ce n'était pas un animal de compagnie si prisé... Alors il y aurait moins de meurtres par km2 aussi.

Fin.

lundi 9 septembre 2013

26

0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26...

26. 

Ca y est, j'ai officiellement quitté le stade "quart de siècle", pour entrer dans le 2ème quart (intéressant comme pensée, cela fait tout à coup très vieux de se dire qu'on est dans le 2ème quart). 
Pour fêter l'occasion, je suis partie me balader avec Monsieur N dans les Préalpes fribourgeoises. Aaah, mais quel bonheur de revoir ces verts prés. J'avais oublié que les prés pouvaient être autant verts en Helvètie, vu que mes yeux se sont habitués depuis 2 ans aux sombres couleurs du bitume citadin. Le vert vif partout, partout, partout. Cela rend joyeux. Et puis les milans dans le ciel. Leur ombre et le jeu d'essayer de les repérer sans se crâmer les yeux avec le soleil. Le soleil qui fut omniprésent pour ma journée d'anniversaire. Bleu ciel et vert pré gras. Clochettes de vaches, vrombissement des mouches et diverses choses volantes et cri du milan. Odeur de foin frais et bouse de vache. Menu splendide pour une 26ème journée d'anniversaire. 
Au programme: passer du lac très sombre (en grec cela serait mavro limni, ou un truc du genre), grimper sur un chemin très raide, mais très raide, gambader dans les pâturages pour retomber de l'autre côté de la frontière linguistique (et donc enjamber les Röstis dans leur Graben) et finir la journée dans les bains thermaux. 
J'ai eu l'impression d'être une citadine pure en grimpant la raide montée du départ. Aucune forme physique. Rien. arf, arf, arf. Ce qui m'a motivé à me fixer au moins 1 sortie de rando par mois (notez qu'au moins ce mois de septembre j'en aurai plus qu'une vu que je repars tantôt dans les montagnes de mon île grecque). 
Mousses en pleine "fructification" sur un talus, herbe verte, asteraceae jaune ,
poteau à vache, ciel bleu et soleil. 

On arrive (presque) en haut de la dernière montée et on s'arrête pour boire un Apfelschörle (z'avaient pas du jus de pomme pur) dans un alpage. 

Et là, j'ai fait la citadine pure souche, parce que mon natel a sonné. Au milieu de nul part. Au beau milieu de la belle nature. Erf. Mais, mais, mais. Ce fut un cadeau d'anni inattendu. 
Une gérance immobilière, qui me proposait un appartement (sous condition de changement de garant et que le nouveau garant remplisse les conditions x y z) (suite sur ce sujet dans un autre post). 
Et puis la grimpée reprit (bien que moins raide), et on a vu un immense érable trop beau (photo), et des petites fleurs, de grosses vaches, des mousses trop belles, etc. On a pu tester des systèmes bien divers de passage des barrières à vache. Cela allait du tourniquet habituel ou de la barrière électrique qu'on ouvre avec une poignée (cas normaux) aux souches d'arbres ou cailloux posés des deux côtés pour pouvoir passer, aux espèces d'échelles pour grimper et redescende de l'autre côté... Franchement, y pourraient donner un thème à leur balade: "découverte de la diversité des barrières pour franchir les clôtures". On en a passé plus d'une dizaine et aucune n'était exactement pareille. niark, niark, niark. Je dois avouer que mes préférés sont les espèces de labyrinthes en bois trop étroits pour les vaches, parce qu'elles demandent le moins d'effort (pas besoin de soulever la jambe pour passer de l'autre côté). (oui, j'avoue, je suis flemmarde). 
On a continué jusqu'à presque tomber de faim (pour ma part), c'était déjà passé 13h lorsqu'on s'est arrêtés pour manger, devant une petite chapelle toute choue avec une mega vue sur tout la vallée alentours. Après une petite détermination rapide de fleurette on a fait la sieste à l'ombre d'un tilleul et on a repris notre route. C'est peu après que mes pieds ont commencé à me faire mal (j'avais des new chaussures, et elles sont un tantinet dur), et ce fut un peu ardu d'arriver à notre destination. Mais nous y sommes parvenus, et nous avons été récompensés par des bains thermaux quasi vides (fallait être fou pour aller se plonger dans l'eau chaude alors qu'il faisait 29°C dehors) (oui... j'avoue, c'était presque trop chaud). Mais c'était chouette, et tout le devant de mes pieds ont pelé dans l'eau (charmant... je sais), et mes jambes se sont détendues. Et puis c'était chouette avec Monsieur N et au final on est restés quasiment 2h plongés dans l'eau... jusqu'à ce que nos doigts soient tous fripés. 
Puis on est allés s'acheter un truc à manger dans un magasin et on s'est posés dans un pré pour observer le coucher du soleil derrière la montagne et manger en attendant le bus. Ensuite on a eu droit à un 2ème coucher de soleil, bien plus orangé que le précédent lorsque le bus est arrivé de l'autre côté de la montagne et on est rentrés à la maison. 
Ce fut chouette et cela m'a fait tellement de bien.
gigantesque érable!



lundi 10 juin 2013

Bourdonnements printaniers



C'était samedi, en milieu d'après-midi. 
Je me réveillais, groggy, d'une longue sieste. 
Je me suis rendue dans la cuisine pour y chercher un verre d'eau, que j'ai bu, les yeux encore embués de sommeil, devant la fenêtre. 
Dehors, de l'autre côté de la route, au dessus du cerisier des voisins, il y avait un gros nuage sombre, vrombissant et bouillonnant. 
Le grondement sourd de milliers de petites ailes battant l'air chaud et orageux de cette fin d'après-midi. 
L'air vibrait du son de l'air froissé. Un grondement sourd et impressionnant. 
Un gigantesque (du moins à mes yeux) essaim d'abeilles était en train de se regrouper sur une branche basse du cerisier. 
Les ouvrières s'attroupaient, entourant la reine, donnant une forme étrange et déformée à la branche d'arbre. 
En quelques dizaines de minutes, le nuage s'était clairsemé, la boule sur l'arbre agrandie. 
Ensuite j'ai du partir et suis rentrée que la nuit tombée. Il a plu cette nuit, beaucoup de pluie.
Le lendemain matin, l'essaim était toujours en place. Des milliers d'abeilles accrochées les unes aux autres. Certaines s'envolaient en éclaireuses, recherchant un endroit idéal pour y installer définitivement l'essaim. 
J'ai partagé avec ma colocataire ma découverte. Elle m'a dit de téléphoner à la police ou aux pompiers, mais j'hésitais. 
J'avais eu un téléphone avec ma maman le soir d'avant qui me disait que les apiculteurs parfois venaient chercher les essaims. 
Du coup je suis allée voir sur internet, et le 1er lien qui est apparu était le site d'un monsieur qui venait chercher gratuitement les essaims dans la région où j'habite. Il écrivait qu'il fallait agir rapidement pour éviter qu'elles ne partent s'installer définitivement dans un creux habitable (e.g. cheminée) et doivent être tuées car gênantes ou périssent l'hiver venu du à des maladies. Il les recueillait gratuitement pour agrandir le nombre de ses ruches.
Alors j'ai appelé. Un dimanche. Et j'ai laissé sonner, sonner, sonner. 
Pas de réponse. 
J'ai ensuite envoyé un sms. 
Plus tard dans la journée, le monsieur apiculteur m'a rappelé. Il était en vadrouille dans un autre coin de l'Helvétie et ne pourrait passer qu'en fin de journée pour chercher l'essaim. 
Cette après-midi là, il s'est mis à pleuvoir. Fort et beaucoup. 
C'étaient les mêmes précipitations qui ont engendré des éboulement, glissements de terrains et inondations à l'autre bout du canton. 
Mes petites abeilles sont restées blotties, les unes contre les autres, à réchauffer la reine et à s'affamer, le temps ne leur permettant pas de s'envoler pour s'installer définitivement ailleurs et butiner. 
Au soir, l'apiculteur m'a rappelée pour me dire qu'il pleuvait trop pour qu'il vienne chercher l'essaim, et qu'il espérait qu'il n'était pas trop endommagé par la pluie. Il m'a dit qu'il viendrait le lendemain en fin de matinée. 
Alors ce matin j'ai attendu, tout en jetant un coup d'oeil sur mes petites abeilles de temps à autre, pour voir si elles étaient toujours là, et si quelqu'un d'autre avait remarqué leur présence. 
Et puis le monsieur est arrivé, et je lui ai montré l'essaim, qu'il a trouvé "de taille moyenne" (c'est à dire ca. 8'000 ouvrières et une reine, soit ca. 1.5kg d'abeilles) (pour comparaison, un essaim de taille normale est d'environ 3kg et 15'000 abeilles) (il m'a raconté que la semaine passé il était allé chercher un essaim qui pesait plus de 5kg et qui devait avoir plus de 20'000 abeilles O_o ). 
On est allés sonner chez la voisine qui possédait la branche d'arbre sur laquelle l'essaim avait élu domicile provisoirement. Pas de réponse. Chez le voisin d'à côté chez qui était planté le cerisier sur lequel la branche grandissait. Rien. Alors le monsieur a escaladé la barrière du jardin, pendant que je partais en chasse à l'échelle parmi le voisinage. Après plusieurs sonnages de portes infructueuses, j'ai sonné chez un couple de retraités actifs qui m'ont aimablement prêté leur échelle. 
Le travail pouvait commencer. 
L'apiculteur a installé tant bien que mal l'échelle dans la terre meuble, gorgée d'eau, a revêtu un pull, chapeau et gants d'apiculteurs, a pris une grosse caisse en bois, ouverte sur le dessus et a fait tomber tant bien que mal une grosse partie de l'essaim dans la boite, avant de vite refermer le couvercle au dessus (et à moitié tomber de l'échelle qui basculait dans la terre meuble). 
Les abeilles étaient endormies par la pluie, amorphes,  affamées et affaiblies par le fait qu'elles n'avaient rien mangé depuis plusieurs jours. Elles volaient peu, restant agglutinées sur l'arbre, et ne se dirigeaient pas beaucoup vers la caisse dans laquelle était à présent la reine et une grosse partie de l'essaim. 
Cela a pris du temps pour que les ouvrières se mettent à appeler leurs soeurs restées dehors pour les attirer vers l'entrée de la boite. 
Plus d'une heure était déjà passée, durant laquelle j'ai pu poser plein de questions à l'apiculteur. 
Il semblerait que cette année ci soit propice à l'essaimage. (l'essaimage étant la séparation en 2 de l'essaim, la vieille reine laissant la place dans la ruche à une jeune reine et prenant avec elle la moitié des ouvrières pour aller trouver refuge ailleurs. C'est un processus naturel pour la survie et perpétuation de l'essaim, et les apiculteurs tentent de l'éviter en retirant la vieille reine avant que l'essaimage ne se produise pour la placer dans une autre ruche. Lorsqu'une ruche essaime toute seule, ils perdent d'un coup la moitié de leurs abeilles et leur production de miel chute drastiquement. Cependant cette année, avec les conditions climatiques des dernières semaines (froid, humidité), les apiculteurs ne pouvaient pas contrôler leurs ruches. Cet apiculteur-ci a déjà récolté une douzaine d'essaims la semaine passée...). 
Au bout d'un certain temps, la fille qui possédait le jardin dans lequel nous nous étions introduits est arrivée, étonnée de voir des gens sous son cerisier. Elle n'avait pas remarqué l'essaim. 
Elle était toute sympa et nous a invité à venir boire un thé et manger des biscuits sur sa terrasse en attendant que le restant des abeilles migrent dans la boite. 
Finalement, après environ 2 heures, la grosse majorité des abeilles était au chaud et sec dans la boite, et l'apiculteur est allé en fermer l'entrée. 
Quelques retardataires sont restées sur place, et hélas périront dans les jours qui suivent.
On est ressortis du jardin, et j'ai pu soulever la grosse boite remplie d'abeilles bourdonnants pour passer la clôture. 
L'apiculteur les a installées dans sa voiture, a collé sur son coffre un autocollant "attention, transport d'abeilles vivantes", pour que les autre automobilistes ne le klaxonnent pas lorsqu'il roule doucement sur les gendarmes couchés ou les bosses (bien-être des abeilles oblige) et a pris mon nom et adresse, pour m'envoyer une petite carte dans quelques temps pour me dire comment se porte "mon" essaim. 
J'espère que mes petites abeilles vont se remettre de leurs aventures et vont vite reprendre des forces et du poil de la bête. 
A noter qu'elles seront implantées dans le village où ma grand-maman vivait. Intéressante coïncidence...