Ce soir je suis sortie me balader avant que le soleil ne disparaisse complètement. Je marchais le long d'un ruisseau, bien goulu et glougloutant, rempli d'eau tumultueuse avec toute la pluie de hier.
J'observais l'eau couler, profonde et rapide.
Tout à coup j'ai vu une Pie sur une branche.
Elle était très bavarde.
Plus que normal.
Angoissée.
Elle avait une aile tachée de rouge, et je me suis dit "c'est bizarre, ce ne peut pas être un reflet de soleil".
Alors je l'ai regardée plus attentivement.
Elle était sur une branche, instable, tombant à moitié, ouvrant une aile seulement. Tentant de se retenir avec ses serres.
Une aile seulement. Parce que celle avec la tache rouge était blessée.
Ensanglantée.
Et là j'ai vu, tapi dans l'ombre, caché derrière la haie, la Bête.
Rousse et blanche.
De grosses canines.
Elle n'était pas beaucoup plus grosse que la Pie.
Et la pie est retombée sur le sol et j'ai crié et tapé des mains et des pieds.
J'ai crié contre la bête de toutes mes forces.
Elle s'est éloignée de quelques mètres, puis m'a regardé.
Moi qui étais de l'autre côté du ruisseau et qui ne pouvais rien faire.
J'ai cherché une grosse pierre, mais il n'y avait rien.
Pas de pierres, pas de branche bien lourde.
Et j'ai observé la Pie courir dans l'herbe, affolée, déséquilibré par son aile blessée.
Au lieu de s'éloigner de la Bête elle s'en est rapprochée.
Puis elles ont disparu de mon champ de vision, et j'ai eu un sentiment horrible d'impuissance dans mon ventre.
Le même sentiment que le jour où j'ai vu un cygne agonisant sur une berge et où le lendemain il ne restait plus que un duvet de plumes éparpillé à travers les branches.
Le même que le jour où j'ai vu trois bébés mésanges, de grosses boules colorées apprendre à voler et que plus tard j'ai vu trois mini taches plumeuses écrasées sur la route.
Je suis partie, mais je ne pouvais pas sortir la Pie de ma tête.
Je ne savais pas quoi faire, mais je ne pouvais pas juste partir comme ça.
Alors je suis revenue, 5 minutes après.
Il n'y avait plus un bruit.
Le ruisseau coulait toujours.
La Bête n'était plus là.
J'ai failli partir, triste, me disant que la Bête avait réussi son coup.
Quelque chose m'a fait regarder dans le ruisseau.
Un vain espoir me disant que si elle s'y était réfugiée, peut-être qu'elle avait pu échapper à ses crocs.
Elle y était bien la Pie. Immobile, retenue par quelques herbages fous, à moitié dans l'eau.
Elle ou un autre oiseau.
Peut-être déjà là bien avant ce soir.
Peut-être était-ce son compagnon.
Il parait que les Pies sont toujours par deux, et je n'ai pas vu l'autre.
Je ne sais pas trop. Il commençait à faire noir, et elle était de l'autre côté du ruisseau.
J'étais prête à me mouiller les pieds pour la récupérer.
A aller sonner à la maison la plus proche, dégoulinante, un oiseau blessé dans les bras.
A faire n'importe quoi, mais faire quelque chose.
J'ai lancé une fine branche pour voir si elle réagissait.
J'en ai lancé une deuxième, une troisième, une quatrième.
Il n'y a pas eu de mouvement.
Rien.
Si c'était la Pie, elle s'était noyée.
Je me suis sentie impuissante. Encore.
Et triste.
J'espère qu'un jour je pourrai sauver un oiseau des griffes acérées de la Bête et le voir s'envoler guéri et revigoré.
Pour la première fois j'ai compris à quel point la Bête était un prédateur effroyable.
Vous allez me dire "c'est la nature, ça se passe tous les jours, c'est comme ça".
Oui, mais non. Les Bêtes, y'en aurait pas autant par km2 si ce n'était pas un animal de compagnie si prisé... Alors il y aurait moins de meurtres par km2 aussi.
Fin.
J'observais l'eau couler, profonde et rapide.
Tout à coup j'ai vu une Pie sur une branche.
Elle était très bavarde.
Plus que normal.
Angoissée.
Elle avait une aile tachée de rouge, et je me suis dit "c'est bizarre, ce ne peut pas être un reflet de soleil".
Alors je l'ai regardée plus attentivement.
Elle était sur une branche, instable, tombant à moitié, ouvrant une aile seulement. Tentant de se retenir avec ses serres.
Une aile seulement. Parce que celle avec la tache rouge était blessée.
Ensanglantée.
Et là j'ai vu, tapi dans l'ombre, caché derrière la haie, la Bête.
Rousse et blanche.
De grosses canines.
Elle n'était pas beaucoup plus grosse que la Pie.
Et la pie est retombée sur le sol et j'ai crié et tapé des mains et des pieds.
J'ai crié contre la bête de toutes mes forces.
Elle s'est éloignée de quelques mètres, puis m'a regardé.
Moi qui étais de l'autre côté du ruisseau et qui ne pouvais rien faire.
J'ai cherché une grosse pierre, mais il n'y avait rien.
Pas de pierres, pas de branche bien lourde.
Et j'ai observé la Pie courir dans l'herbe, affolée, déséquilibré par son aile blessée.
Au lieu de s'éloigner de la Bête elle s'en est rapprochée.
Puis elles ont disparu de mon champ de vision, et j'ai eu un sentiment horrible d'impuissance dans mon ventre.
Le même sentiment que le jour où j'ai vu un cygne agonisant sur une berge et où le lendemain il ne restait plus que un duvet de plumes éparpillé à travers les branches.
Le même que le jour où j'ai vu trois bébés mésanges, de grosses boules colorées apprendre à voler et que plus tard j'ai vu trois mini taches plumeuses écrasées sur la route.
Je suis partie, mais je ne pouvais pas sortir la Pie de ma tête.
Je ne savais pas quoi faire, mais je ne pouvais pas juste partir comme ça.
Alors je suis revenue, 5 minutes après.
Il n'y avait plus un bruit.
Le ruisseau coulait toujours.
La Bête n'était plus là.
J'ai failli partir, triste, me disant que la Bête avait réussi son coup.
Quelque chose m'a fait regarder dans le ruisseau.
Un vain espoir me disant que si elle s'y était réfugiée, peut-être qu'elle avait pu échapper à ses crocs.
Elle y était bien la Pie. Immobile, retenue par quelques herbages fous, à moitié dans l'eau.
Elle ou un autre oiseau.
Peut-être déjà là bien avant ce soir.
Peut-être était-ce son compagnon.
Il parait que les Pies sont toujours par deux, et je n'ai pas vu l'autre.
Je ne sais pas trop. Il commençait à faire noir, et elle était de l'autre côté du ruisseau.
J'étais prête à me mouiller les pieds pour la récupérer.
A aller sonner à la maison la plus proche, dégoulinante, un oiseau blessé dans les bras.
A faire n'importe quoi, mais faire quelque chose.
J'ai lancé une fine branche pour voir si elle réagissait.
J'en ai lancé une deuxième, une troisième, une quatrième.
Il n'y a pas eu de mouvement.
Rien.
Si c'était la Pie, elle s'était noyée.
Je me suis sentie impuissante. Encore.
Et triste.
J'espère qu'un jour je pourrai sauver un oiseau des griffes acérées de la Bête et le voir s'envoler guéri et revigoré.
Pour la première fois j'ai compris à quel point la Bête était un prédateur effroyable.
Vous allez me dire "c'est la nature, ça se passe tous les jours, c'est comme ça".
Oui, mais non. Les Bêtes, y'en aurait pas autant par km2 si ce n'était pas un animal de compagnie si prisé... Alors il y aurait moins de meurtres par km2 aussi.
Fin.
Je crois que j'aurais préféré qu'elle se fasse manger que de la laisser souffrir de son aile blessée... non ?
RépondreSupprimerIl y a une station de soins pour animaux blessés ici tout près. J'aurais pu l'y amener et probablement la faire soigner. Les Pies ont des durées de vie de plus de 10 ans.
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