mardi 6 août 2013

l'épine et le fou

Aujourd'hui, excursion dans les montagnes alentours, pour voir mon arbre. Rien de très neuf là-dedans, j'avais déjà visité tous les sites qu'on a vu, alors que les gens avec qui j'étais ne les avais pas tous vus (eh oui).
J'avais rendez-vous à 9h à l'institut. Du coup j'ai repris le bus encore une fois ce matin, un peu plus tôt. Aujourd'hui, il faisait frais. Il y avait même des nuages dans le ciel, des petits moutons apportant de la fraicheur bienvenue.
A l'arrêt de bus, des gens m'ont demandé si le bus allait bien vers la prochaine ville. J'ai dit oui. Haaa, dingue. J'suis là depuis 4 jours et je peux déjà répondre aux questions concernant le bus. eh eh eh. C'était des arabes, qui allaient probablement (je pense) travailler au port de la ville voisine.
J'ai réussi à ne pas manquer mon arrêt, et suis arrivée avec 7 minutes d'avance. Y'avait encore personne sur place, alors j'ai attendu. On est partis un peu plus tard que prévu, mais quand même assez ponctuellement.
Par contre, pour monter dans la montagne, on a fait un megalos détour, parce que la route pour la montagne est en travaux (agrandissements, je m'épancherai là-dessus plus loin) et qu'ils voulaient pas passer par là. Ca nous a pris tellement de temps pour arriver. J'ai réussi à garder mon repas bien au fond de mon ventre, mais j'étais pas mécontente d'arriver au bout.
La voiture était épique aussi. Une vieille jeep très vieille. Sans direction assistée, amortisseurs inexistants. J'étais derrière, il n'y avait ni ceinture des sécurité, ni appuie-tête. J'ai survécu.
Sur le chemin, on a dépassé des camionnettes chargées lourdement de tomates ou de melons.
Puis un gros camion avec des dizaines de bottes de foin.
Dans un village, il y avait eu ce week-end la fête de l'orange (la région produit des oranges), et ils avaient créés une espèce de boule gigantesque faite uniquement d'oranges.
On est passés à côté d'oliviers dodus, tortueux et surement très vieux.
Et puis, dans un recoin de la route, à l'ombre, dans un endroit humide, j'ai pu voir une fougère rare et protégée.
Arrivés dans la montagne, on est allés sur les chemins caillouteux que j'ai parcouru à pied l'année passée. C'était très secouant à l'arrière du 4x4.
On a retrouvé les forestiers de hier, + le forestier local. Ca se voyait qu'il était de la région. Il avait une bonne tête et était capable de marcher et s'orienter dans la montagne. :) Tout le monde était très sympa, tout en parlant quasi pas d'anglais. A nouveau, j'ai regretté de ne pas pouvoir parler en grec.
On a vu des arbres à un endroit. Et ils m'ont demandé quel âge je pensais que les arbres avaient. Aucune idée moi... erf.
Immortel, l'arbre brûlé remet des feuilles entre ses
racines gigantesques... dingue.
Puis on est allés à un autre endroit, toujours en 4x4, et là, le choc. Il y avait des bulldozer et des machines à casser les cailloux en plein milieu de nul part. Ils sont en train de construire des espèces de barrages pour tenter d'éviter que la rivière ne s'érode totalement dans la plaine en hiver. Plutôt pas mal. Mais tout était transformé depuis l'année passée.
Et puis on a croisé un arbre brulé. Ca avait été un Arbre très grand. Réduit en miettes. Pour quoi? Par qui? Semblerait qu'il y ait un berger un peu fou, qui croit que le diable habite ces arbres. Moui... bien sûr.
Du coup j'ai tenté tant bien que mal de faire comprendre qu'il y avait un autre arbre brûlé, que j'avais vu l'année passée. Le forestier local m'a dit "non, il n'y en a pas". et moi "oui". et cela a continué comme ça jusqu'à ce que je leur dise que je pourrais leur montrer. Ils me croyaient pas. L'helvète qui connait mieux qu'eux quel arbre a brûlé. Erf. Je leur ai montré. Et à ce moment là, on a semé une partie du groupe. Parce que certains n'ont pas l'habitude de marcher en montagne (les grecs sont peu sportifs, style vraiment peu sportifs).
Bac à gravier immense... Ca change de last year.
Puis on est partis à l'assaut d'un groupe d'arbres où il y a les plus gros arbres. On a de nouveau semé la moitié du groupe. En plus ils ne sont pas capables de s'orienter dans la montagne. J'ai suivi le forestier, sans problèmes. C'était agréable de grimper un peu. Mais je suis contente qu'ils aient voulu grimper jusque là pour voir les arbres. Arrivés en haut, on a attendu le reste du groupe. En arrivant, une fille a dit "elle est où l'helvète?" et puis un truc du style "purée, elle sait marcher". Moui. Après il m'ont dit "en Helvétie, il y a de hautes montagnes? avec de la neige? très joli?!". Certes, mais cela n'explique pas le fait que je puisse m'orienter et grimper dans la montagne. Je suis super lente et pas en forme pourtant.
Bref.
Après on est redescendus. Arrivés à un endroit, il y avait un cercle en pierres. Je me suis toujours demandée ce qu'était ce cercle au milieu de nul part. Alors j'ai demandé. Et ils ont tenté de m'expliquer. A ce que j'ai compris, on y battait le seigle (ou autre céréale cultivée dans les montagnes). On marchait dessus pour séparer les grains des tiges, puis par un procédé que je n'ai pas vraiment compris (peut-être un drap?) ils soulevaient le tout en l'air et les tiges s'envolaient, emportées par le vent, alors que les grains restaient au fond du truc. Très ingénieux. Surtout que le cercle avait été construit sur une crête. ... Il y a d'autres cercles comme celui-là, un peu partout à travers  les montagnes. Pas forcément à des endroits très ventés. Je suis contente d'avoir appris ce que c'était. :)
Puis, j'ai découvert que mes chaussures ont vraiment les semelles bien trop lisses pour marcher en montagne. Je me suis cassée la gueule deux fois à la suite parce que mes pieds avaient glissés. Foutues semelles. --> dès mon retour j'irai m'acheter une nouvelle paire.
C'est à ce moment que j'ai  renoué un contact très rapproché avec mon amie la Berberis et ses épines pointues. Et vlam, dans le doigt l'épine. Juste au niveau du pli d'une phalange. Ca faisait tellement mal. Toute l'épine est entrée, i.e. plus de 1 cm d'épine pointue à souhait. aaaaaaaaaaah. Ca faisait tellement mal. J'ai essayé de l'enlever, mais je n'arrivais pas à la refaire sortir. Personne n'avait de pince, et je n'avais pas pensé à prendre ma trousse de terrain (qui a justement une pince pour de tels cas).
J'ai donc souffert en silence, avec un doigt enflé et rouge pendant plus de 3h. Jusqu'à ce que de retour à l'hôtel, je trouve ma pince à épiler qui pour une raison encore inconnue était dans ma trousse de toilette (surtout que je suis une grande fan de l'épilation, poil par poil à la pince). Je me suis donc assise sur la cuvette des toilettes et j'ai commencé à me charcuter. L'épine est venue assez rapidement, une fois que j'avais entaillé la peau autour pour avoir une bonne prise. Mais purée ce que cela a fait mal pour la ressortir. Je l'ai eue en entier! Victoire sur l'épine. Après j'ai retiré les autres morceaux qui s'étaient logés dans ma paume, mais moins profondément.
Le réflexe helvète lorsqu'on tombe c'est de mettre les mains en avant pour amortir. Par contre, sur cette île, il faudrait mettre n'importe quelle partie couverte en avant, surtout pas les mains ou un morceau de peau. Ou porter des gants (c'est ce qu'on avait l'année passée), ou simplement ne pas tomber. ^^
Anyways. Avant de redescendre de la montagne, on est allés boire un verre et manger un truc dans un des hôtels de la région. On a mangé des gros morceaux de fromage entourés d'un miel trop bon et pas trop liquide (j'aime pas lorsqu'il est tout liquide), puis des espèces de crêpes fourrées au fromage frais et recouverts de miel. Un vrai délice (même si selon mes collègues ce n'était pas très bon aux standards locaux). Miam. J'avais tellement faim (c'était déjà 13h30). On a aussi bu l'incontournable raki. Sur mon ventre vide cela a eu un effet rapide. Erf.
Puis on a repris la voiture pour redescendre. Cette fois on a pris la route qui est en train d'être refaite. Ce qui a permis à mes collègues de me parler pendant la moitié du chemin d'abord du fait qu'en Grèce les gens faisaient n'importe quoi au niveau des routes, quitte à détruire des plantes rares (style mon arbre... ils ont tué des gros individus qui étaient auparavant en bordure de route... tellement triste...), à détruire la montagne (ils creusent la route dans la montagne et cela met des années pour que la végétation s'installe sur les "new" falaises (alors qu'avant c'était juste une pente de montagne) (en plus, selon l'inclinaison des couches géologiques, ils ont des gros problèmes après d'éboulement et de mouvements de terrain), et il faut bien qu'ils mettent les cailloux qu'ils ont creusé à qqpart. Alors ils les mettent sur les pentes, entre les boucles des épingles à cheveux, là où auparavant il y avait des arbres de la forêt environnante). C'est moche et maintenant la route de montagne va être une autoroute presque. Cela perd tout son charme. Sérieux. Ca va être tellement moche et grand et pourri. Fuck. A un endroit, il y avait une falaise (naturelle), avec plein de plantes rares, et c'était une zone assez humide. Ben non. rayé de la carte.
Mes collègues, qui travaillent dans la protection de l'environnement sont furieux. On voit que c'est un combat perdu d'avance. Les constructeurs de routes sont potes avec le gouvernement. Alors que peut-on faire? Rien. Ensuite on a parlé de la situation en Grèce, du taux de chômage effarant, notamment chez les jeunes (50% de sans-emplois). Comment tu peux te réjouir de ton avenir si après des années d'études, tu sais qu'il y a 1 chance sur 2 que tu te retrouves à la rue? Les grecs ne pensent plus à l'avenir, parce qu'ils n'ont pas d'avenir. Ils vivent au jour le jour, sans penser aux mesures drastiques que le gouvernement leur imposera encore une nouvelle fois. Aux coupes de salaires. Après les diminutions de moitié des salaires, ils refont la même chose, et refont la même chose. Lorsque tu gagnes moins que 600 euros par mois, comment tu fais pour vivre?
Il y a une chose que personne n'entend par chez nous en Helvétie. C'est que les grecs ne sont pas forcément tous corrompus ou inaptes à gérer leurs finances et co. Non. Il y a aussi une bonne part de leurs problèmes qui ont été crées par l'Allemagne notamment. Par exemple, ils étaient obligés d'acheter leurs sous-marins à l'Allemagne. Pourquoi? Parce que c'était comme ça. Des arrangements entre gens corrompus. C'était pas forcément les meilleurs sous-marins, ni les moins chers. Du coup l'Allemagne leur prend de l'argent et s'enrichit sur leur dos. Et les gens au pouvoir en Allemagne en sont plus que conscients. c'est un peu le problème de plein de pays européens. J'avais déjà entendu ça l'année passée, de la bouche d'autres grecs.
Alors, pour l'instant, ils ne voient pas d'avenir, et je remarque bien, que pour eux, cela est difficile de ne pas devenir amers. De continuer à travailler, malgré le fait qu'ils gagnent trois fois rien.
Alors voilà. En conclusion, je vais vous inciter à passer vos vacances, pour le prochain siècle, en Grèce, en privilégiant les petits bleds, petits restos, petits magasins, pour aider certaines personnes à vivre, et pour que le pays ait au moins un peu de revenu touristique (il y a tellement moins de touristes qu'il y a qq années, pourtant c'est aujourd'hui qu'il faut aller en Grèce, car tout y est moins cher, mais les gens sont tellement charmants).
 Fin.


Encore un coucher de soleil





Les gouttes de sueur qui glissent sur la peau

Pas de post hier. Pas envie. Alors j'en écris deux aujourd'hui. J'ai réussi à prendre le bus (et à acheter un billet, bien que je crois que j'ai pris un billet qui était trop cher par rapport à où j'allais (mais bon, lorsque le billet coûte 1.10 € ou 1.50€, la différence n'est pas énorme). Ce n'était pas clair leurs machines à billet. Tu cliques sur le bouton "anglais" et ca te met "vous voulez le billet alpha ou le billet beta?" euh.... ben, je sais pas justement... c'est quoi la différence de zone? erf. Au kiosque qui était juste à côté (ici les kiosques vendent de TOUT) la dame ne savait pas si mon arrêt était dans la zone B ou A, alors pour être sûre, j'ai pris la zone B.
J'ai demandé au chauffeur de m'indiquer où sortir, mais au final, les arrêts étaient aussi annoncés sur un panneau lumineux (mais c'était un peu foireux, parce que pas tous les arrêts étaient annoncés). D'ailleurs, dans le bus du retour, le panneau lumineux n'a annoncé que 1 arrêt, et le restant des arrêts c'était une bande orale, mais on entendait rien du tout (mais bon, j'allais jusqu'au terminus).
Au moment où j'entrais dans le bus, j'étais déjà dégoulinante de sueur. Il faisait tellement chaud ce jour là, et pourtant, il faisait moins chaud (plus de vent) que les jours d'avant.
Je suis sortie du bus, et là, j'ai du traverser la route principale, à la gen'vois style (i.e. en courant entre les voitures). Parvenue de l'autre côté de la route, j'ai suivi les panneaux indicateurs pour l'institut où je devais me rendre. J'ai longé une route secondaire, à l'ombre de conifers dont le nom m'échappe tout à coup. J'ai eu l'impression que la température était descendue de 5°C. C'était tellement agréable. Sur place, j'ai croisé des jeunes qui m'ont indiqué à peu près où je devais aller dans l'institut. J'ai croisé par hasard la dame avec qui j'avais rendez-vous et bref, bref, bref.
Mon rendez-vous s'est déroulé assez bien. Cependant je vois que je suis inexpérimentée totale quant à l'organisation de workshops ou des discussions qu'on a eu. Je sais vraiment rien. Mais voilà, j'apprends.
A midi (ou plutôt à 13h30, vu qu'ils ne mangent pas ici avant au moins 13h) j'ai été invitée à manger de la salade grecque, du fromage local trop bon et des espèces de petits trucs allongés ayant un fond d'aubergine en tranche fine, de la viande hachée au milieu et ensuite recouvert d'une fine couche de purée de pdt gratiné. Ca s'appelle "petite chaussure" en grec. Je n'avais jamais mangé ca auparavant. C'était délicieux. Miam.
Les personnes avec qui j'étais ont été choquées d'apprendre que je ne buvais pas de café (eh oui... eh oui).
Bref. J'ai aussi rencontré des forestiers ce jour là. très sympathiques, même si leur anglais est très limité. Ca me fait regretter de ne pas pouvoir au moins comprendre le grec un tantinet mieux, parce que cela aiderait tellement les choses. Ma fois...
En milieu d'après-midi j'ai repris le bus en sens inverse pour m'écrouler sur mon lit et faire une super longue sieste. J'avais eu la vague idée d'aller à la plage, mais pas le courage de ressortir sous la fournaise ambiante.
Je suis allée voir le coucher du soleil, 4ème du nom. C'était beau.
Puis j'ai revu mes break-dancers. C'était encore plus impressionnant ce soir.
J'ai hésité à me poser dans un restaurant pour manger un morceau, mais il y avait tellement de gens partout, je n'avais pas le courage de m'attabler toute seule. Alors j'ai pris un fast-food grec à l'emporter, i.e. des frites, brochette de viande, tzatziki, rondelle de tomate et salade. Pas mal pour du fast-food, non?
J'ai mangé le tout devant la TV de l'hôtel, à regarder un documentaire en grec sur les lacs d'eau douce (temporaires) de l'île. C'était très intéressant, parce que je connais un des lacs, mais ne l'ai vu que à l'état de mare quasi à sec en été (en hiver ca devient un vrai lac, avec reflet des montagnes enneigées dedans et tout et tout).
Fin.
C'est magnifique...

dimanche 4 août 2013

36

36, le nombre de piqûres de moustiques que j'ai répertorié ce soir. Heureusement, pour l'instant la majorité ne grattent pas trop (étonnant tout de même), parce que j'en ai en tir groupé sur la jambe gauche notamment. J'en ai même sur les doigts...  Malgré l'antimoustique... erf...

Je dois dire que niveau chaleur, bruit, verdure, touristes, arbres et moustiques, la montagne me manque.
Ma fois, je découvre la face urbaine de l'île.

 Encore un coucher de soleil d'observé. J'ai revu mes break-dancers. Ils étaient encore plus impressionnants ce soir. Et ils doivent se faire pas mal de fric avec ça vu la quantité d'argent que les gens leur donne. Sont doués en tous les cas. Je retournerai voir demain s'ils sont de retour.
J'ai mangé une glace au chocolat qui avait trop un bon goût et qui était très différente, en consistance et en goût des glaces helvètes.

Kali nixta!

p.s. j'ai des voisins de palier qui parlent allemand et qui ont autant de peine avec leur porte que moi et un autre qui fume, cela sent dans tout le corridor. 

Le jour de la mikro conversation

deuxième jour!
Qui a commencé (terminé) par la fin de mon 1er livre de 500 pages, tôt dans le matin (style vers 1h30) avec 28°C dans la chambre. hum hum. Je me suis (forcée à me) lever à 8h30 tout de même. J'ai remangé mon petit déj au buffet fourni, avec comme entrée un gros morceau de karpouzi (pastèque) et un oeuf cuit dur.
Ensuite je me suis enduite de crème de la tête aux pieds (ou presque) et je suis sortie en ville avec des feuilles à lire pour mon rdv de demain. Je me suis posée dans le square pas loin de mon hôtel et j'ai lu 2-3 documents. J'entendais des trucs tomber dans l'arbre derrière moi. C'était des pistaches. :D
Ensuite j'ai continué vers le centre ville avec l'intention de trouver le musée des traditions de mon île et un éventail pas trop kitsch. Je les ai pas trouvé tout de suite, alors j'ai été me re-poser dans un parc pour écrire des cartes postales et continuer à lire mes documents. Le matin, la ville est vide de touristes. C'est impressionnant. Comme si personne ne sortait avant 11h du matin.
2 pépés revenaient de la baignade sur le front de mer. Je ne sais pas comment ils s'y sont baignés car tout le front est parsemé de cailloux coupants et de vagues et il faut marcher sur les cailloux coupants et glissants sur une 20aine de mètres avant d'arriver dans la mer, mais ils avaient l'air de faire ça souvent.
Il faisait frais, à l'ombre avec le vent venant du large. C'était agréable.
Un monsieur balayait les déchets alentours avec un balai et une ramassoire faite d'un demi gros bidon en plastique attaché à un morceau de bois.
Il s'est approché de moi et m'a parlé. C'est ainsi que j'ai tenu ma toute 1ère conversation en grec!
Lui: "bonjour"
Moi: "bonjour!".
lui: "tu vas bien?"
moi: "oui" (merde, on dit comment "et vous"?)
lui "de où viens-tu?"
moi: "d'Hélvétie"
lui: aaah... Hélvétie..."
lui: "tu es ici pour les bains / la mer? (ou qqch du genre, je n'ai pas trop compris, mais il y avait le mot se baigner et la mer)
moi: euh... ? oui.
lui: je suis albanais.
moi: euh??? quoi?
lui: albanais
moi: ah... albanais?!
lui: oui!
moi! oui.
fin.

Oui, oui, c'est une conversation de niveau basique de chez basique, mais tout de même, tout de même. Je comprends des choses, c'est dingue!

Délabrement
Ensuite j'ai trainassé en ville. Je commençais déjà à avoir faim (parce que j'avais seulement mangé 1 tranche de pain, 1 morceau de pastèque et un oeuf).
J'ai refait la rue du musée invisible et l'ai raté à nouveau. Ensuite je me suis mise en chasse des ruines de l'ancienne cité antique bâtie sous la ville actuelle, et je l'ai raté. Mais j'ai vu des échopes (fermées, on est dimanche) de vendeurs de couteaux traditionnels (j'irai peut-être m'en acheter un) et des maisons en ruines avec des fenêtres en losange tellement la maison s'était affaissée.
Ensuite je suis remontée la rue du musée invisible et je suis allée dans une librairie et ai trouvé LA carte que je cherche depuis 1 an (la carte routière au 1:100'000ème) du côté est de l'île. Il n'en restait que 1 seule. Je l'ai vite achetée et puis j'ai redescendu la rue du musée invisible et je l'ai trouvé. Faut le chercher. Il y a un panneau parmi les zillions de panneaux de la rue, et après il faut entrer dans une cour et monter des escaliers tous raides et tortueux et on arrive dans une pièce toute sombre avec une vieille bonne femme toute vieille qui parle en grec au téléphone. Deux euros plus tard, je peux admirer à tout loisir (étant la seule visiteuse) plein de trucs traditionnels de l'île.
Il y a de tout. Des livres pour enfants, des anciennes photos, des habits, le lit nuptial, des tonnes de tapis trop beaux faits de laine, des tapisseries, des ustensiles de cuisine, des assiettes, verres, bols et co., des ustensiles agricoles, des clochettes, des katsouna, des trucs pour nettoyer la laine, un métier à tisser, etc. etc. Tout cela entassé dans 2-3 pièces d'une minuscule maison, sur 2 étages avec des escaliers très très raides avec des explications très très éparses en anglais et un peu plus en grec.
Perso je trouve que 2 euros c'est un peu cher pour la taille de la chose, mais bon, il faut bien financer l'entreprise... mais d'entrer là-dedans cela vaut vraiment, vraiment la peine. C'était comme changer de siècle. J'aurais bien voulu savoir à quoi servaient tous les outils que je voyais. Et la maison, en elle-même est traditionnelle. C'était vraiment très chouette. J'étais contente d'être la seule visiteuse à ce moment là, parce que d'entendre d'autres gens parler aurait cassé un peu l'ambiance.

Et puis après être ressortie du four (il fait en général plus chaud dans les batiments ici que dehors), je suis retournée à la chasse à l'éventail, et je l'ai trouvé!!! Depuis le temps que j'en cherche un. Hier, j'en avais vu, mais ils étaient kitschs au possible avec écrit dessus le nom de l'ile et représentant les trucs les plus frappants à visiter sur l'île, avec encore tout un bord en dentelle trop moche.
Le mien est en bois, avec des petites fleurs dessinées dessus. C'est pas hyper joli, mais ce n'est pas hyper moche non plus, et aaaaaaaaaah, purée, quel bien-être de se ventiler avec.
Après j'ai rôdé un peu en chasse à un restaurant potentiel, i.e. jusqu'à ce que mon instinct me dise "celui-là", et j'ai acheté des cartes postales et puis je suis allée manger mon 2ème repas toute seule. J'avais tellement envie d'essayer toute la carte. Mais je n'ai pris qu'un seul plat, parce que sinon j'aurais explosé.
Aujourd'hui j'ai goûté du boureki. sorte de gratin de patates, fromage de chèvre, menthe et courette. Il n'était pas fait à la manière dont j'ai l'habitude (j'en mangeais des tonnes l'année passée, mais toujours au même endroit), ici il avait une croute supérieure et inférieure de pâte croustillante au fromage, mias c'était tellement bon. :D J'ai eu droit à de la pastèque comme dessert. Mes voisins, eux, ont eu en plus du raki... Semblerait qu'on ne donne pas de raki à une fille seule. Dommage, mais tant mieux pour mon foie.

Les break-dancers en pleine action. Le truc flou en
avant plan est un danseur en pleine action... Plus rapide
que l'éclair. haha. 
Anyways, après 2-3 détours, je suis rentrée à l'hôtel pour faire la sieste et revoir ce que j'ai à dire demain.
C'est un peu difficile de me concentrer et de me dire que je suis là pour travailler...

Maintenant je vais ressortir voir mon 3ème coucher de soleil en 3 soirs et flâner un peu sur les quais.

Kali spera


Troisième coucher de soleil. 



samedi 3 août 2013

Le jour où j'ai compris ce qu'on me demandait

Aujourd'hui, grand jour des premières expériences.
Cela a commencé par dormir toute seule dans un hôtel, puis aller prendre le petit-déjeuner toute seule. La salle était pleine de grecs de 50-65 ans environ. Je me suis installée à une petite table et j'ai attaqué le buffet. Je dois dire que pour la région, c'était pas mal du tout. Traditionnel tout en étant varié (j'ai eu pire dans cette ville... mais c'était en hiver, en pleine saison morte avec: croissants emballés de plastique, confiture et thé, point barre). Anyways, ici c'était charcuterie, fromage en tranche, pastèque, tomate, melon, beurre et co., yogurt, lait, 2 jus, 3 sortes de thé, dont du thé vert (1ère pour l'île, en général j'ai toujours eu du thé noir degueulasse ou alors parfois, en insistant, le délicieux thé des montagnes fait maison), du café, des oeufs cuits durs, des oeufs à la poele, des oeufs brouillés, 2 sortes de pains dont un complet (ca aussi c'est rare), des toasts, des biscottes, du nutella, confitures, miel régional, 2-3 sortes de céréales et diverses autres choses.
Pas mal du tout je dois dire. :)
Après je suis sortie dans la fournaise matinale.
Les montagnes, les vieux hangars du port et un minaret.
J'ai réalisé quelque chose que j'avais vaguement ressenti lors de mes derniers séjours, mais pas vraiment expérimenté parce que je passais le plus clair de mon temps dans les montagnes: les routes sont LISSES. Oui, lisses. elles glissent, et il n'y a plus de signalisation au sol tellement elles sont usées. Alors on glisse. Les trottoirs aussi sont glissants, parce que en général ils sont faits de dalles de pierre. Rajoutez à cela un peu d'eau et vous vous retrouvez sur une patinoire à tenter de garder la jambe gauche et la jambe droite de partir dans 2 sens opposés. héhé. J'avais déjà remarqué cette particularité des routes de mon île en montant dans les montagnes, parce que les pneus crissaient dans chaque virage. ... encore une raison pour ne pas aller trop vite.
Bref.
Je suis allée acheter une carte de la ville dans une papéterie et j'ai demandé à trouver un magasin vodafone pour (re)acheter une carte sim grecque. Après l'achat de ma carte sim je me suis plongée dans la vieille ville et suis tombée un peu par hasard, en suivant des touristes qui entraient dans un batiment, sur le musée d'archéologie. Pas très grand, mais intéressant.
Perso je trouve toujours que les musées archéo manquent d'explications pratiques. J'ai toujours envie de savoir à quoi servait ce bol ci, et celui-là, et ce que représentent les dessins dessus, etc.
Le musée est situé dans une ancienne église totalement vide, alors c'est assez intéressant.
J'ai demandé une entrée pour le musée et le type m'a dit "fititria?" et moi "quoi?" et lui: "eisai fititria? fititria!" et moi euh... aaahhh!!! Nai, nai! Oui, je suis étudiante. :D Purée, j'ai compris pour la 1ère fois ce que quelqu'un me demandait en grec! Une petite vague de palpitation interne m'a envahi. Le musée est gratuit pour les étudiants.
Ensuite j'ai parcouru la vieille ville, été voir le port, vu une expo d'art et une autre, fait quelques aller-retours en me faisant accoster par des gens qui organisent des croisières en mer pour voir les poissons. Moui, moui, mais déjà dans le port les vagues donnent le mal de mer, alors il n'est pas question que je mette les pieds sur une de ces choses.

Reflets du soleil couchant.
Puis je suis allée au musée navale, parce qu'il n'y a pas 15 mille musées. C'était chouette. Déjà le type à l'entrée il m'a posé plein de questions, d'où je venais, ce que je faisais, etc. etc. Je lui ai parlé de mon arbre, il m'a dit "ah, mon grand-père à une katsouna (baton de berger qui parfois est fait avec mon arbre)" et "ah, peut-être qu'on en a des arbres comme ca chez nous". L'habite à la montagne, ou du moins sa famille. Il se pourrait bien qu'ils en aient chez eux de mes arbres. L'est aussi étudiant, il fait un truc de géophysique avec les champs magnétiques terrestres, pour décrire le sous-sol géologique. On a pas pu parler beaucoup parce qu'après qqun l'a appelé au téléphone et il a du aller faire un truc.
Le musée était très instructif. Y'a plein de panneaux en grec et anglais. Et y'a une mega collection de coquillages dans une salle. Et puis y'a plein de choses datant de la bataille de l'ile en 1941.
Il y avait même une robe de mariée qui avait été faite avec les fils de soie des parachutes allemands. eh eh eh.
Il y a pas mal de touristes grecs en fait, j'ai réalisé. Vraiment, peut-être la moitié des touristes qui se baladent en ville sont grecs. Malgré la crise, certains arrivent à se payer des hôtels hors-prix et se faire des vacances. C'est assez intéressant.

Miam, miam, miam. 
Anyways, après je suis allée manger mon 1er repas seule au restaurant. Je suis entrée juste après une famille, et le serveur a cru que j'étais avec eux. C'était vraiment un endroit sympa. Une grande cour interne, rose, fraiche et joliment décorée. Y'avait pas beaucoup de gens. Juste la famille et moi au début. J'ai mangé une salade grecque (tomates, concombre, oignons rouges, feta) et des fava (pois jaunes réduits en purée avec de l'huile d'olive et des micro morceaux d'oignon). C'était trop bon. Mais les tomates étaient un peu trop acides, et le plat trop grand et j'en suis ressortie comme une baleine. haha.
En rentrant à l'hôtel, je me suis arrêtée pour acheter un disque de musique crétoise ancienne. Lyre et violon et chants!
Et aussi je suis passée dans l'agora (le marché) pour acheter 2-3 choses fraiches comme du tiri (fromage) et des fruits. Y'avait des poulets entiers et plein de poisson, et plein de trucs touristiques aussi.
Puis je suis allée à la chasse au bus, pour savoir d'où je devrai partir lundi matin. Heureusement que j'ai demandé, parce que les bus ne sont pas très bien indiqués par-ici. Parfois il y a des panneaux lumineux avec les numéros de bus et le temps avant le prochain, mais souvent ces panneaux ne marchent pas, alors...
J'ai trouvé mon bus, j'ai attendu d'en voir un arriver pour être sûre d'être au bon endroit et je suis rentrée faire une sieste gigantesque en attendant le soir.
Plantes poussant dans les lieux salés. 
Le soir venu, je suis ressortie voir le coucher du soleil depuis la jetée et faire des photos des reflets des bateaux dans l'eau. C'était magnifique. Un 2ème gros coucher du soleil bien rouge et orange et dodu. Tellement beau. Il n'y avait même pas si beaucoup de gens qui le regardaient.
En rentrant, j'ai vu un rat (eh oui, tout port doit avoir un rat au moins) et puis sur une place des breakdancers qui dansaient trop bien et qui avaient de beaux corps. Et puis à un autre endroit, il y avait un concert de chanteurs traditionnels. C'était joli, et j'ai commencé par me faire dévorer par des moustiques, alors je suis rentrée, et à présent je vais continuer à lire mon livre dans la fournaise de ma chambre.
Bonne nuit les cocos!


Avouez, c'est magnifique, non?

vendredi 2 août 2013

l'île où les montagnes sont au sud

Je suis arrivée à destination, sur une île grecque, loin au sud.

J'ai pris un avion à hélice. Les hélices tournent en direction de l'avion. J'me suis faite la réflexion que si l'hélice se décrochait, elle trancherait nette la coque de l'avion et les occupants sur les sièges de la dite rangée. Etrange pensée. Micro avion tout petit. J'ai cru que mon sac à dos n'entrerait pas dans le porte bagage tellement ils étaient petits. j'ai du forcer un peu. Et puis le vol se fait totalement au dessus de la mer. 55 minutes de vol, plein sud. Et, en arrivant, on opère un virage sec de ca. 180° pour arriver sur la piste, tout en survolant la mer. On descend très bas, toujours au dessus de la mer. Tellement bas qu'on aperçoit les gens sur les bateaux de pêche. Et puis le sol apparait sous nos yeux, une terre ocre, avec des pins très bas. Et les montagnes à l'horizon.
J'ai vu le coucher du soleil peu avant l’atterrissage. Mon 1er coucher de soleil pour le premier soir. Gros et rouge.

Je dois avouer que j'ai toujours des problèmes d'orientation lorsque je suis en plaine sur cette île. Pourquoi? parce que chez moi, en Hélvétie, le point de repère géographique le plus flappant est la chaine du jura, qui indique plus ou moins le nord. Ma boussole interne me dit "montagnes au nord", et paf, je ne suis plus perdue.
Souvent, lorsque je suis dans un pays côtier, méditerranéen, je me retrouve avec la mer au sud, ce qui constitue un point de repère parfait aussi. le continent au nord, la mer au sud.
Hélas, ici, sur cette côte ci de l'île hellenique, les montagnes sont au SUD, et la mer au NORD. Quel paradoxe pour moi. Je deviens toute embrouillée et je ne m'y retrouve plus du tout dans mes estimations de où je suis. La mer au nord, les montagnes au sud. C'est vraiment très dur pour mon cerveau à concevoir ce phénomène. mer au nord, montagnes au sud.
Remarquez, cela me fait cet effet seulement en plaine. Dès que je monte dans les montagnes et que je me retrouve entourée de montagnes, mes problèmes d'orientation cessent de me perturber.
mer au nord, montagnes au sud. mer au nord, montagnes au sud.

J'ai pris le taxi depuis l'aéroport. Le bus était dans 45 minutes. Cela m'a coûté 10x plus cher que le bus, mais j'ai bien fait, parce que cela a pris du temps pour arriver à destination tellement la circulation est dense et chaotique. A un moment donné, mon chauffeur était au téléphone sur 2 portables différents. Ca m'a fait rire. C'est tellement typique.

Je suis dans mon hôtel. Dans une mini chambre à deux lits. Quel lit choisir? Grand paradoxe. Il manque le prince charmant pour le 2ème lit. La chambre n'est pas carrée, le mur du coin est de biais. J'ai un mini balcon rien que pour moi avec une micro table, 2 micro chaises. Je n'ai pas encore compris comment fermer la porte sans devoir tirer dessus de toutes mes forces pour la verrouiller.
L'hôtel est simple. un peu passé, mais exactement ce qu'il me faut, avec cette odeur caractéristique qu'on beaucoup d'hotels.

J'ai voulu ressortir m'acheter un truc à boire ou à manger. mais je n'ai pas trop faim, les supermarchés sont déjà fermés, et je n'ai pas eu le courage d'aller m'asseoir à une terrasse encore. Il y a trop de gens. Partout il y a des gens. Les rues sont embouteillées, les rues piétonnes aussi. Je dois tâter le terrain avant de me lancer. Je n'ai encore jamais mangé seule à un restaurant. Comment choisir où aller? Pour moi qui suis tellement indécise, et qui aime prendre l'avis d'autrui avant de me décider, cela demande de sortir de mes petits souliers tout ça.
J'essayerai et je vous redonnerai des nouvelles.

J'ai fait un rapide passage dans le quartier du cuir de la ville. Pensez "mini ruelles avec des mini échoppes". Il y a peut-être 20 ans, ces échoppes vendaient les meilleures bottes de montagne de la région. Les trucs qui résistent au calcaire et qui soi-disant ne vous font pas mal aux pieds.
Aujourd'hui, rares sont les marchands de bottes. C'est plutôt devenu un truc mega touristique. Il y a des zillions de sacs en cuir de tous les formats et goûts. Y'a des trucs très jolis, jolis, et je dis pas que je repartirai pas avec un sac en cuir dans la valise. Il y a aussi des tongs et sandales diverses à revendre. Et plein d'autres choses pour les touristes, des choses plus ou moins traditionnelles, plus ou moins kitches.
Mais ce qui marque c'est l'odeur du cuir. Tenace, profonde. J'y retournerai rien que pour l'odeur.

C'est tout pour ce soir. Je suis cuite et recuite comme un biscuit. Je vais aller dormir pour attaquer la journée de demain avec entrain. J'ai plein de choses à faire et à régler.

Ambiance, ambiance...
Kali nixta

Qui a envie de s'acheter une fourrure chaude
lorsqu'il fait 34°C?


stin Ellada...

yeia sas!
Eimai stin Ellada, et j'ai pas le clavier grec sur cet ordi, alors voilà.
Je suis en transit à l'aéroport d'Athènes. 3 heures d'attente devant moi.
Le vol depuis l'Hélvétie fut un tantinet épique à l'arrivée, et parcouru de soubresauts aériens, mais pas de trous profonds où retomber et rebondir.
Mon petit voisin de derrière a vomi tout le contenu de son repas pendant qu'on atterrissait. Un jet de vomi. Ils n'ont pas réussi à trouver les sacs à vomi à temps. Le pauvre petit. Tellement triste de lui-même, d'avoir vomi et d'être tout gluant et puant. C'était triste à voir. Heureusement tout le monde a été aimable et sympa. Une vraie chaîne de mouchoirs sont arrivés pour tenter de l'éponger pendant que l'avion finissait sa descente. Il n'avait pas supporté les soubresauts de l'avion, et l'excitation du départ en vacances.

Je ne voyais pas très bien par la fenêtre, étant assise au couloir, avec 2 personnes devant la fenêtre.
La 1ère vue de la Grèce: les collines autour de l'aéroport. Du brun-rouge, parsemé de mini taches sombres, des buissons probablement. Et puis sur la 1ère colline, à l'est: un gros nuage beige pâle, suivant la direction du vent. Oui. La Grèce en été et les feux de forêt ou de brousse... Première fois que j'en vois un en Grèce de mes propres yeux (déjà vu les marques, senti l'odeur, vu tout un pan de montagne ravagé le jour précédent, les camions de pompier qui montent la garde pour s'assurer que c'est fini, mais jamais vu brûler "live"). On voit même les hydravions qui vont et viennent, on voit ce qu'ils tentent de répandre sur les flammes.
La fumée semble être moins dense que lorsqu'on a atterri. C'est bien. Tant mieux.
Je n'ai pas encore pu "sentir" l'air grec. Je suis coincée dans l'aéroport climatisé, où il fait trop frais à mon goût.
Athènes... une petite envie d'aller fouler les marches de l'acropole, de contempler la ville pieuvre, qui s'étend à l'infini d'en haut. cela sera pour une autre fois, au petit jour. Bientôt.
J'ai des souvenirs étranges de cet aéroport d'Athènes. La première fois que j'y ai mis les pieds c'était en hiver, il y a bientôt 3 ans, pour ensuite prendre le bus puis le ferry pour la Crète. Puis l'année passée, d'abord le voyage vers Chios, à nouveau rejoindre le port depuis l'aéroport, et plus tard, ce fut notre point de départ pour la recherche de Silènes et ce voyage si... "mémorable". Et le retour, moins d'une semaine après, pour re-louer une voiture après que mon collègue ait cassé la première. Il faisait 40°C ce jour là lorsque nous avions remis les pieds dans la capitale.  Puis le rendu de la 2ème voiture une dizaine de jours après, et le voyage en métro sur insistance du dit collègue qui disait que cela prenait que 30min, très cher, pour aller au port (note personnelle: pour tous ceux qui pensent que le métro est plus rapide que le bus pour rejoindre l'aéroport au port, certes, cela met ca. 30 min de moins (1h de voyage au lieu de 1h30), mais le prix du billet de métro est 5-10x plus cher que le billet de bus, et en plus vous devrez changer de ligne au centre d'Athènes). En Grèce, les bus sont les rois inconditionnels.
Anyways. Et puis, une semaine après cela, je faisais escale, toute seule, en rentrant de manière précipitée de Crète, tellement heureuse de rentrer, et de ne plus supporter une seconde de plus le dit collègue.
Plus tard, j'ai remis les pieds dans cet aéroport, pour rentrer de Crète, à nouveau, dans un tout autre climat, mon sac rempli d'échantillons et des couleurs de l'automne crétois.
Et m'y revoilà.
Encore ca. 2h à attendre. Je m'en vais faire un tour, dégourdir un peu mes jambes.
Le feu de brousse est presque éteint!

Kali spera

Les collines enfumées...