jeudi 19 juin 2014

Des couleurs et des senteurs

Aujourd'hui, jour de congé en terres catholiques, je travaille quand même, si ce n'est simplement pour profiter du calme et de la tranquillité de mon lieu de travail, qui sinon est relativement bourdonnant.
Ce matin j'ai savouré d'autant plus le grand jardin que je traverse pour me rendre au bureau, les roses chargées de gouttes de la pluie de la veille, la fraicheur à l'ombre des grands arbres, les petites fleurs colorées, comme autant de petites merveilles éparpillées à travers les plates-bandes et les prés.
J'ai mis mon nez dans une rose, j'ai froissé les feuilles des pelargonium odorants, j'ai reniflé l'air chargé d'humidité, et j'ai observé en détail les arbres et poteaux du coin qui sont revêtus de couleurs festives depuis quelques jours. C'est magnifique.
génial le cône. 

Et un platane tout emmitouflé et coloré

Et même la gouttière se transforme... les chats sont trop chous. :D
Sur ce, je vais m'atteler à la tâche et commencer à bosser. :)

Happy day à vous!

lundi 16 juin 2014

Histoire d'arbre

Il était une fois, une bataille, gagnée pour les uns, perdue pour les autres. Deux soldats (ou était-ce un seul?), rapportant du champ de bataille un rameau d'arbre et courant rapporter la nouvelle de leur victoire au chef-lieu, arrivèrent épuisés, mais ayant délivré leur message, ils moururent (ou pas?) et furent enterrés sur la place devant l'hôtel de ville. L'on planta sur leur tombe le rameau d'arbre qui prit racine et devint au fil du temps un arbre gigantesque...

Ou telle fut la version un peu romancée des faits.

Cela ressemble bien à Marathon et la Grèce, mais ce fait se produisit véritablement en terres helvètes (point commun entre les grecs et les helvètes? :D ) il y a un peu plus de 500 ans.

En réalité, l'arbre avait été planté au moins 6 ans avant la bataille, mais la course des soldats est elle véridique. Peut-être même qu'ils apportèrent avec eux un rameau d'arbre.
Cet arbre vécut jusqu'en 1985, et atteignit et dépassa les 500 ans. Il ne supporta pas de se trouver au milieu de la chaussée, qui quelques années avant sa fin, fut réhaussée, étouffant progressivement ses racines, et fut également percuté par un automobiliste saoule.

Toujours est-il que peu de temps avant sa mort, l'on parvint (enfin!) à obtenir des boutures à partir de ses rameaux (l'arbre étant un hybride, et donc probablement sterile, on ne pouvait pas utiliser ses graines).

Ainsi, lorsqu'il finit par mourir, on put replanter un bébé clone, toujours devant l'hôtel de Ville, mais un peu plus loin, en dehors de la circulation.

D'autres bébés clones furent distribués à travers le pays, en divers lieux. Le lieu de la bataille en reçut même un exemplaire. Pour certains d'entre eux, on enterra une bouteille sous leurs racines. Bouteille renfermant la date, et les signatures de toutes les personnes présentes ce jour là. L'un s'en alla même jusqu'au Vatican (!).

Aujourd'hui, j'ai écouté raconter l'histoire de l'arbre mère sous le feuillage du clone, qui, entre temps est devenu un magnifique arbre.
S'il n'y avait pas eu de circulation sur la route toute proche, on aurait pu entendre bourdonner les centaines d'abeilles qui butinaient les innombrables fleurs.
Et l'odeur de toutes ces fleurs, douce, portée par le vent...

Magique.

dimanche 15 juin 2014

Saupoudré

Non, je ne m'amuse pas à saupoudrer ma casserole de sucre glace avant de la retirer afin d'immortaliser son empreinte sur mes plaques des cuisson. 
Ces particules blanches sont en fait... du calcaire... résultat de 5min de stérilisation d'un objet dans une casserole à feu moyen... cuit sans couvercle. 
C'est joli, on voit même la trace du manche de la casserole... 
Oui, je vis dans une région aux eaux très calcaires et donc dures. Même que (et malgré le fait que c'était pareil pendant toute mon adolescence... mais ça s'oublie vite) ayant vécu 2 ans en terres non-calcaires, le retour à l'eau calcaire fut ardue (impression d'avaler du sable dans les fonds de tasse, habits, et surtout chaussettes lavées devenant raides et rêches à souhait, chasses d'eau qui se bloquent parce qu'entartrées, traces blanches sur toute surface ayant reçu de l'eau, etc.)... 
Je devrais peut-être me mettre à essayer de former une stalactite. ou du tuf... :D


calcaire glace

samedi 14 juin 2014

Le jour où je me suis couchée au milieu de l'autoroute

... avec preuve en photo:




Fantastique, n'est-ce pas? 



Non, ce n'est pas un nouveau défi à la mode (comme ceux qui tournent ces jours de "se filmer en train de sauter dans de l'eau froide)... 

Je suis allée aux "portes-ouvertes" d'un nouveau tronçon d'autoroute dans un coin reculé du pays (aux locaux fantastiquement sympathiques, j'ai été choquée en bien... tout le monde me parlait spontanément). Plus de 3h de trajet au total  pour arriver sur le bitume, mais ce fut merveilleux. De nos jours, et dans mon pays, les nouveaux tronçons d'autoroutes sont rares, et leur ouverture aux piétons, cyclistes, trottinettistes et autres non-automobilistes l'est aussi. 
J'ai dégusté avec plaisir mes 8km de bitume. :)
y'avait même 2 tunnels à traverser, dont un hyper mega long! Saviez vous que la chaussée
du tunnel est légèrement penchée vers le côté avec une rigole sur le bord, pour éviter que
l'eau ne stagne? On le remarque pas en roulant, mais il y a vraiment un léger dévers. 


et une petite visite des installations annexes du tunnel

Une autoroute de câbles, sur l'autoroute :D.



Vers la fin, on a pu traverser un mega viaduc (avec vent de face pire fort)... et comme vous pouvez le voir, les barrières d'autoroute sont assez basses, évidemment, ils ne les construisent pas à hauteur de piéton. ^^

Pour les Helvètes, ce dino devrait vous dire dans quelle région je suis allée me balader.
Région riche en traces de dinos et fossiles. 
The end. 

Chouette après-midi avec une activité inhabituelle dans une belle région. 

mercredi 11 juin 2014

Sourires et rires du jour

La grosse fourmi (est-ce la même que celle de hier) qui monte le long de mon mur tout blanc.

Les premières fleurs des tomates sur le balcon.

La tache de roquefort séchée qui m'a accompagnée toute l'après-midi sur le haut du pied, sans que je m'en rende compte ^^

Les oiseaux qui m'ont réveillé à 5h14 par un splendide concert matinal.

Le goût des cerises du marché (maintenant que je suis grande, je peux en manger autant que je veux, sans que quelqu'un me dise d'arrêter par souci de maux de ventre. tralala).

Les feuilles du gros chêne sous lequel j'ai mangé à midi.

Le ballet des hirondelles dans le ciel bleu clair.



jeudi 5 juin 2014

Rentrer c'est...

- avoir l'impression d'être partie pendant des mois et des mois et ne pas forcément se réjouir de retrouver son quotidien (et finir son mémoire)
- trouver qu'en Helvétie la nature est véritablement verte pétante
- mettre de grosses chaussettes et un gros pull - décalage climatique oblige
- défaire sa valise et rapporter des senteurs d'ailleurs chez soi
- trouver qu'au supermarché les cerises locales coûtent tellement chères (18.-/kg) et que les légumes n'ont pas cet air de "j'ai poussé au soleil toute ma vie" et acheter des fraises locales délicieuses
- regretter déjà les odeurs de plantes sauvages et le désordre local, et la chaleur et le vrombissement des abeilles
- se retrouver à manger toute seule pour la première fois en 2 semaines
- se faire à manger pour la première fois après 2 semaines
- être interpellée par les cris et hurlements des nouveaux voisins qui s'engueulent tellement fort
- observer avec plaisir la croissance des plants de tomate sur son balcon - et constater que les moucherons les ont bien attaqués
- découvrir que le lin commence à fleurir
- trouver des factures à payer
- découvrir avec plaisir un faire-part de naissance d'un petit bonhomme tout mignon et l'accrocher au mur au dessus de son bureau
- avoir les oreilles écorchées à entendre du suisse-allemand (j'aurai jamais cru écrire ça un jour)
- bafouiller au supermarché parce qu'on tente de dire merci à la caissière dans la mauvaise langue
- dormir enfouie sous 2 duvets dodus, bien pesants au lieu d'un petit drap léger
- se remettre a jeter le PQ dans les WC au lieu de le mettre à la poubelle
- ne pas se soucier d'avoir de l'eau chaude pour la douche
- se demander comment on va organiser son quotidien pour les prochains temps
- rechercher des recettes pour re-créer les plats locaux avec les ingrédients rapportés
- avoir des souvenirs pleins la tête et des étoiles dans les yeux.



lundi 2 juin 2014

l'hiver et le prêtre

Aujourd'hui il pleut et il fait gris. Un temps hivernal selon les locaux. Un temps pas si mauvais pour nous "nordiques". Et un peu plus d'eau que d'habitude pour les cultures, et les plantes, et mes arbres.

Hier on a tenté de faire de la prospection d'arbres. En remontant des gorges spectaculaires, à pied, au bout desquelles l'arbre se cachait. On a grimpé, sommes montées sur des rochers, passé entre des parois verticales, dans d'anciennes forêts de chênes, suivi un petit ruisseau magique, débouché devant une église au milieu de nul part, vu des plantes spectaculaires, mais n'avons pas trouvé mon arbre. On n'a pas cherché intensément non plus, on avait encore tout le chemin du retour à faire, et la forêt et la montagne ressemble à un vrai labyrinthe. Tant pis. ça sera pour une autre fois.
Alors on a fait le chemin en sens inverse, jusqu'au pied des gorges. Evité les chèvres perchées, inaccessibles sur les rochers au dessus de nos têtes, combattu le vent dans les passages escarpés, les cailloux qui roulent sous les pieds et le précipice tout près. Et nous sommes arrivées dans un monastère au pied de la gorge, encaissé entre deux versants.
Un prêtre âgé nous a fait signe lorsqu'on est arrivées. Il s'est levé, a marché, appuyé sur sa canne en bois et a pris un unique verre sur lequel était collé une feuille de l'arbre qui nous surplombait. Il y a versé de l'alcool fort local, nous l'a tendu, ainsi que deux biscottes sèches contenues dans un gros pot en plastique.
L'alcool était fort. Très fort. Je n'ai bu qu'un demi verre, mais j'ai les yeux qui ont larmoyé.
On a continué notre chemin. Les muscles un peu ramollis par l'alcool les premiers centaines de mètres furent ardus, puis le chemin a commencé à tourner, un peu, dans ma tête du moins.

Je commence à comprendre des bribes de mots. Epars et rares, mais cela commence gentiment.

Kali spera.