jeudi 11 décembre 2014

compréhension incomprise

L'autre soir, couchée sur mon tapis, je racontais à ma maman, au téléphone, comment il y aurait tellement moins d'incompréhension, et donc de conflits, entre les gens, s'il était possible d'exprimer nos pensées directement de pensée à pensée, au lieu de devoir vectoriser nos pensées par des paroles, qui sont ensuite transmises à autrui qui les intègre et les interprète...
Interprétation qui peut donc être bien différente de ce que l'initiant a voulu exprimer.
Les paroles sont tellement imparfaites pour exprimer les pensées à l'intérieur de soi-même.
Comment je mets en mots ce sentiment diffus à l'intérieur de mon ventre?
Est-ce que je peux je résumer en un seul mot? Par exemple "colère"? Non.
Parce que si je dis "colère", toi, celui à qui je parle, tu ne vas pas forcément avoir une notion de colère qui est exactement comme le sentiment à l'intérieur de mon ventre. Déjà que moi j'ai plusieurs types de colères en moi parfois.
On peut bien sûr nuancer: "je ressens une contraction non musculaire et non physique à l'intérieur du ventre, qui chauffe et qui remonte jusqu'à dans ma gorge et dans mes sourcils, un sentiment pas très positif, qui envahit aussi mes mains et les fait presque légèrement trembler (presque parce qu'en réalité non) et qui me fait penser des idées sombres dans ma tête. Un sentiment qui pourrait être traduit en mots par colère". Mais en fait, toi, tu ressens peut-être la colère différemment, peut-être pas dans ton ventre, et du coup, est-ce qu'on peut mettre le même mot pour un sentiment différent?
Là, je vous donne un exemple simplissime.
Mais comment transmettre des idées complexes, ou sentiments complexes par des paroles si limitées et qui seront potentiellement interprétées d'une autre manière que ce que vous avez voulu dire, par celui à qui vous les dites???
Quand je pense à ces histoires de pensées, je pense toujours à Harry Potter (les livres donc, pas les films), ou Dumbledore met ses pensées dans le je sais plus comment ça s'appelle, mais le truc qui capture ses souvenirs pr plus qu'ils soient dans sa tête, et ce truc, Harry plonge dedans et voit les souvenirs de Dumbledore. Ben voilà, c'est exactement de ça que je parle, sauf que ça ne serait pas seulement pour les souvenirs, mais pour toute expression à autrui de ce qu'on a dans la tête.
Imaginez toute l'incompréhension qui serait évitée entre les gens? Les frustrations, les sous-entendus non compris, les conflits, voire les guerres même????...

(et oui, je suis de nouveau en colère, mais pour d'autres raisons. et je ne suis pas sûre que le mot colère soit le bon mot pour exprimer ce que je ressens)

Mordre

"Mais mordez! Allez-y fermez la bouche. Encore un peu. Allez-y!"

"mmmmhhggghhhhh"

"Allez, mordez!"

"mmmhhhh mais je peux paaas fermer plus! Le truc me rentre dans la gencive!"

"Allez, on ressaye. Ouvrez grand. Voilà. Maintenant fermez. Fermez! Mordez! Vous y êtes presque!"

"mmmmggghhhhhhaaaarrggg... mais je ne peux pas fermer plus! C'est trop grand. Ca rentre dans ma gencive du bas. Je ne peux juste pas!"

"Mais on a pas plus petit!"

"Vous n'avez pas plus petit?" (alors comment vous faites pour les enfants, hein????)

"Non... Bon, alors on va faire autrement. Donnez moi votre index. Voilà, un peu de gymnastique. Non, ne mordez pas, j'ai mon doigt dans votre bouche (erf, reflexe)! Bougez plus..."

"..."

"Voilà, c'est fini, vous pouvez tout lâcher"

La merveilleuse discussion avec l'assistante dentaire, hier, lorsque le dentiste a voulu avoir une radio de mes molaires inférieures gauches. Non, mais impossible de faire entrer leur papier radio + le support à papier radio dans ma bouche en la fermant. Impossible, leur truc m'incisait la gencive sous la langue tout en touchant mon palais alors que je n'avais même pas la bouche fermée.

Comme quoi, j'ai une petite bouche. Sachez le.

Ma vie est passionnante!

mercredi 10 décembre 2014

choux de Noël

Aujourd'hui j'ai fait un rêve empli d'arbres d'un petit village nocturne avec de gros platanes aux branches desquels pendaient, tels de magnifiques boules de Noël, de gros choux rouges et verts.
C'était très beau dans mon rêve, d'autant plus que les choux ouvraient leurs feuilles (en partant des plus externes) au fur et à mesure du temps.
Allez savoir... 

lundi 8 décembre 2014

Mue

L'autre soir j'ai repêché mon nounours de sous mon lit. Ca faisait au moins 2 mois qu'il y trainait (je suis ingrate, je sais) et il avait accumulé quelques minons. Et pendant que je le dépoussiérais et que je l'observais avec sa peau verte, j'ai pensé qu'il était temps pour lui de changer de peau, à nouveau. 
Voyez-vous, mon nounours change de peau toutes les quelques années. Lorsque j'étais petite, il changeait de peau plus fréquemment qu'actuellement parce qu'il était plus dorloté, suçoté, trainé partout qu'aujourd'hui. 
Et puis, je venais d'acheter en rab, un coupon de tissu trop joli. Un tissu que j'avais acheté parce qu'il me plaisait, mais sans idée précise de ce que j'allais en faire (comme la plupart des tissus qui trainent dans ma caisse à tissu et qui attendent d'être utilisé d'une manière ou d'une autre). Du coup, j'ai trouvé que ce nouveau tissu serait parfait pour revêtir et rajeunir mon nounours. 
Ce soir, je me suis mise à la tâche. J'ai mesuré, découpé, lavé, séché, tenté de repasser (avec une casserole chaude. je n'ai pas de fer à repasser. le truc de la casserole ne marche pas trop bien, sachez. Ca marche, un peu, lorsqu'on appuie bien fort sur la casserole sur le tissu, mais ce n'est pas top) le nouveau morceau de tissu. 
Puis j'ai reniflé une dernière fois l'odeur si particulière de mon nounours et j'ai retiré l'ancienne peau. 
J'aurais pu la laisser, et rajouter une couche par dessus (ce qui avait été fait les fois précédentes), mais j'avais envie d'enlever cette peau verte. 
J'ai retrouvé le billet que j'avais caché dans mon ours, lors de sa dernière mue, et qui date du 17 septembre 2005... il y a presque 10 ans donc. Un billet un peu délavé et déchiré. 
J'y avais écrit: 
"Moi, Laf, je jure par la présente sur mon nounours d'accomplir (mot indéchiffrable). 
D'aller jusqu'au bout de l'arc en ciel (mot indéchiffrable) qu'autrui puisse en penser! 
Le jugement (mots indéchiffrables, probablement "n'a pas") lieu d'être. 
Je jure de finir mon lycée avant de partir à la découverte et j'en relève le défi!
Je jure de ne jamais laisser tomber un projet, même s'il me parait trop dur. 
Je jure d'essayer d'être objective!
(mot indéchiffrable) aussi ici tout ce que j'aurais pu oublier. 
Mon Village, le 17.09.2005. 
Laf (copie 1/1). "
Emouvant de retrouver ce billet. Je me souvenais l'avoir glissé là (comme la boite remplie de petits trésors que j'ai enterré dans notre ancien jardin, au pied du noisetier il y a longtemps), mais je n'avais plus aucune idée de ce que j'y avais écrit. 
Presque 10 ans après, qu'est-ce que je peux dire...
- j'suis pas sûre de réellement vivre la vie que j'aimerais vivre, entre autres parce que je me limite dans beaucoup de choses parce que je ne m'accepte pas moi-même vis à vis du regard des autres. Je m'améliore, et depuis 10 ans je me suis bien améliorée, mais je n'arrive pas à complètement me contre-foutre du regard des gens. 
- j'ai fini mon lycée depuis belle lurette (ouf!). 
- ouais... heum, j'aimerais bien laisser tomber certains projets. J'ai déjà laissé tombé certains projets. Je crois. Ca arrive. 
- J'essaye d'être objective. Même si ce n'est pas facile toujours. 
- Je ne suis pas vraiment partie à la découverte du monde après mon lycée. Un peu, oui, en fait. Mais pas autant que ce que j'imaginais pendant mon lycée. J'avais l'impression que j'allais arpenter le monde, sac sur le dos et tout et tout. Mais ça, ça ne s'est jamais fait. Je suis trop peureuse pour partir toute seule avec mon sac à dos et au final cela ne m'intéresse pas vraiment de faire le tour du monde comme je me l'imaginais il y a longtemps. Aujourd'hui je sais que je suis pas le genre de personne qui aime aller visiter les villes du monde entier, notamment les villes ultra polluées ou ultra peuplées. Ca me rebute complètement et j'aurai plutôt envie de fuir. 
Lorsqu'on a 18 ans, on a l'impression que toute la vie est à nos pieds. Qu'on peut faire ce qu'on veut de notre vie. Qu'il n'y a aucune barrière, aucun frein. Rien. On est encore émerveillés par la vie. On a de l'énergie et beaucoup de motivation. C'est beau. 10 ans après, bof. Je suis fatiguée. C'est nul de dire ça. Je me demande bien ce que je fous avec ma putain de formation. Je réalise que j'ai passé l'immense majorité de ma vie assise sur un banc d'école, ou en train de réviser encore un pénultième examen et je me demande pourquoi? J'ai perdu beaucoup de mon innocence et de ma naïveté de jeune. Hélas. Je vois les jeunes surmotivés et je me dis "moi aussi un jour j'étais comme ça". Et cela me rend triste de voir que j'ai perdu cette partie de moi-même.
Longtemps j'ai attendu que ma "vraie" vie commence. Que tout à coup un élément déclencheur arrive et bouscule tout. Que je sois entrainée dans la vie et que je vive pleinement ma vie. 
J'attends toujours. Un peu. Mais aujourd'hui je réalise que je vis déjà la vraie vie. et qu'au lieu d'attendre, je devrais profiter de tous les petits instants qui arrivent. 
Au moins, depuis 10 ans j'ai progressé. Un peu, beaucoup, énormément, selon les facettes de ma vie. 

Bref. Donc revenons à nos moutons. 
J'ai donc refait à neuf mon nounours. 
Il a une odeur de rien actuellement avec sa nouvelle peau. Cela va prendre un certain temps pour qu'il se ré-impregne de son odeur merveilleuse de nounours. Mais je suis satisfaite de lui. Et j'y ai reglissé un petit billet avec des buts pour le futur. Je ne vous le lirai pas. Non. Peut-être dans 10 ans. 

Voici quelques photos de l'avant et de l'après. Enjoy. :)

Voici à quoi le nounours ressemblait depuis presque 10 ans

La peau à droite avec le corps du nounours à gauche, et les anciennes couches toutes abimées dessous.

Des trous, des plis et du tissu pas assez grand (cette couche a été faite par ma
grand-mère paternelle, et je me souviens avoir été triste lorsque j'ai vu qu'elle n'avait
pas eu assez de tissu pour tout le dos. 

Détail des couches de dessous. Tout usé! Il y a au moins 3-4 couches là. Et des bras qui ont été recousu en place. Pauvre nounours qui a du un jour perdre ou presque ses bras. 

Et voici la nouvelle peau. Toute belle blanche! Il a l'air pas très symétrique, mais je
crois que son état est accentué par le tissu et le fait qu'il est très légèrement de travers.
Ce fut ardu de couper les tissus à la bonne taille partout. Je ne me souvenais pas de
cette particularité il y a 9 ans. 


vendredi 5 décembre 2014

Colère

Aujourd'hui, je suis en colère.
Contre qui?
Contre quoi?
Je ne sais pas très bien en fait.
Contre tout.
Contre rien.
Contre eux.
Contre vous.
Contre moi.
Je ne sais pas.
Un événement qui déclenche une avalanche de sentiments.
Ca bouillonne.
Ca sort.
En larmes.
En bouffées de chaleur.
Avec ce sentiment au fond de mon ventre.
Et cette envie d'exploser.
Imploser plutôt.
Un événement que j'imaginais autrement dans ma tête.
Des vacances attendues qui arriveront plus tard que prévu.
Comment s'organiser?
Comment puiser au plus profond encore un peu d'énergie, de motivation pour finir?
Pour aller jusqu'au bout?
Moi qui déteste et ai tant de peine à finir les choses.
En freinant avec les deux pieds.
Les mains accrochées aux montants de la porte.
En ayant envie de tout envoyer bouler.
Avec ce sentiment que depuis le début de cette aventure il y a plus de 3 ans cela aura été dur et ennuyeux.
Tellement, en comparaison avec ce qui était avant.
Que j'ai du ramer.
Encore et toujours.
Que cela aura été chiant, du premier jour jusqu'au dernier, malgré des passages périodiques plus affectionnés.
Des questions.
Qu'est-ce que cela m'a apporté?
Des compétences acquises.
Rares dans l'ensemble.
Beaucoup de temps perdu.
Beaucoup de matière déjà oubliée.
Inutile.
De l'air.
Beaucoup.
Pollué parfois.
Et au final, quoi? un bout de papier attestant de mes compétences?
Ah bon?
Pourquoi j'ai continué?
Pourquoi j'ai persisté?
Pourquoi j'irai jusqu'au bout?
Pourquoi est-ce que je continue dans cette voie si intellectuelle?
Alors que j'aurais envie de toucher. de modeler. de créer, avec mes mains. avec mes doigts.
De produire quelque chose de beau.
De palpable.
D'utile.
Mais qu'est-ce que je ferais d'autre?
Est-ce que je m'en lasserais aussi?
Des doutes.
Toujours.
Des hésitations.
De la fatigue.
Physique et mentale.
Encore.
Et un mot, hors contexte total, avec lequel je me suis réveillée ce matin: connivence.
Aujourd'hui je suis en colère.

mardi 2 décembre 2014

weed & parfum

Lorsque depuis 3 jours, vos jeunes voisins ont recommencé à fumer de la weed (aka refait leur stock?) de bas de gamme, qui sent le putois mort sur tout le palier et qui s'infiltre par sous votre porte, principalement le matin à 7h ou le soir à n'importe quelle heure, et que par dessus un imbécile (pas d'autre mot) de voisin décide que pour changer l'odeur du corridor il n'y a rien de mieux que d'asperger tout le palier de parfum bon marché qui pue (au lieu d'ouvrir la porte d'entrée 5 min pour aérer), qui lui aussi s'infiltre (le parfum, pas l'imbécile de voisin) par sous votre porte tout en se mêlant à la weed-putois mort, vous avez juste envie de vous taper la tête contre le mur.

Mais pourquoi???

Maintenant la question que je me pose est a) est-ce que je mets un petit panneau dans le corridor pour demander au voisin aspergeur de parfum de cesser ou b) est-ce que je mets un petit panneau/vais sonner chez pour demander aux weed-eux de b.1) s'acheter de la bonne weed qui pue pas le rat en décomposition, b.2) fumer sous leur fenêtre ouverte, b.3) aérer le corridor après avoir fumé?

L'autre solution serait d'isoler ma porte d'entrée au niveau olfactif. 

lundi 1 décembre 2014

De toutes les couleurs (Les évasions de Cara et Laf)

Ce week-end, je suis partie à la recherche du ciel bleu et d'un peu de couleur, au dessus de la couche de stratus / brouillard qui règne sur les basses altitudes par ici depuis plus d'une semaine maintenant.
On en a vu des couleurs...

... du blanc, scintillant, première neige de l'année, reflétant toutes les couleurs...





... du bleu roi (même si sur la photo les couleurs sont un peu différentes) des dernières gentianes (d'ailleurs étonnant d'en voir si tard)...


... du jaune et du rouge des dernières potentilles...


... du violet d'une centaurée si belle...

et à nouveau du bleu chez une autre centaurée à raz du sol...


... pour finir, après toutes les petites fleurs dans les pâturages, nous avons pris de la hauteur et nous en avons vu de toutes les couleurs... le sentier qui nous a mené au sommet de la montagne longeait la crête... déjà pour y parvenir nous avons du grimper le long d'un escarpement rocheux... Puis, la crête en elle-même, par endroits était très étroite, tellement qu'il y a quelques mètres que nous avons fait à quatre pattes, n'osant marcher debout à cause du vide et des à pics si présents des deux côtés. Pour redescendre on a pris un chemin bien plus bucolique.
Mais quel silence... Pas un seul bruit. Rien. Les vaches étant déjà redescendues en plaine il n'y avait aucun son des cloches qui normalement ponctue les hauts pâturages helvètes. Et puisque notre sentier était très peu fréquenté il n'y avait pas de bruit d'humains. Aucune route. Aucun avion à proximité. Rien. Magnifique.
Et la vue... la vue à elle seule valait (presque) les frayeurs de la montée (il ne manque que l'oeil de Sauron au loin, dans le Mordor)...

N'hésitez pas à poster un lien vers votre billet ici ou chez Cara si vous souhaitez participer aux évasions. Je suis curieuse de voir comment vous avez interprété ce thème.
Très joyeux mois de Décembre!