Nous montions vers les nuages, la pluie et les hauts plateaux cachés dans les replis des montagnes.
Nous nous sommes arrêtés au col. Le dernier endroit d'où il était possible de voir la plaine et la mer.
Nous rejoignions ici le sentier millénaire sur lequel nous avions marché au pied de la montagne.
Deux randonneurs bariolés des diverses couleurs de leurs vêtements imperméables entamaient la longue descente le long du sentier.
Le vent soufflait des bouffées d'air frais et froid dans mon visage.
Après nous être imprégnés de la vue, nous avons repris notre chemin.
Quelques mètres plus loin, nous nous sommes engouffrés dans le massif montagneux.
Tout à coup, comme sorti de nulle part, il y avait ce plateau gigantesque qui s'étalait à nos pieds.
Vert. Fertile. Parsemé de petits villages en bordure et rempli de champs cultivés. Inattendu.
Nous y sommes descendus, avons traversé un ou deux villages endormis et sommes repartis vers les racines d'une autre montagne, vers l'abondance d'un autre plateau caché.
Des petites routes bringuebalantes, boueuses, étroites.
Nous avons croisé un âne dans un pré. Vu des chèvres, des poules, des dizaines d'oiseaux. Il y avait ces iris violets. Minuscules taches de couleur, si intenses, parmi les buissons gris et la terre ocre. Les poiriers sauvages en fleurs, parsemés dans le paysage.
Et puis nous sommes tombés sur ce plateau secret.
C'était spectaculaire.
Sur notre gauche s'étendait ce petit plateau, oasis de verdure, si beau dans sa simplicité et sur notre droite se dressait la montagne. Imposante. Omniprésente. Towering above us (je ne trouve pas d'expression correspondante en français). Plus de 1000m d'à pics et de pentes quasi verticales. De la rocaille partout. Je n'en voyais même pas le sommet car il était couronné par une chaine de nuages gris et épais.
L'air était très frais et de petites gouttes atterrissaient par intermittence sur le pare-brise.
Les seuls bruits audibles étaient ceux du chant des oiseaux cachés dans les arbres, du vent, au loin des cloches des troupeaux et le son de la fraicheur piquante de l'air. Rien d'autre.
Alors, nous avons laissé la voiture à l'entrée du plateau, avons pris nos affaires, et avons posé pied dans la beauté du lieu, sans faire de bruit.
C'est ici que nous avons mangé, assis sur les racines de la montagne, entortillés dans un condensé de grandeur, de nuages, de beauté, de silence, de verdure, de regards, de vent et de pluie...