mercredi 5 juillet 2017

Le petit monsieur de l'arrêt de bus

Je prends le bus, tous les matins pour me rendre sur mon lieu de travail.
Le bus consiste seulement en la deuxième infime partie de mon trajet qui peut se décomposer en 5 parties distinctes (pied/bus/pied/train/pied).
Ce matin, lorsque je suis arrivée à l'arrêt de bus, le petit monsieur qui vit dans la maison en face du dit arrêt y attendait avec son épouse.
Ils partaient en excursion familiale.
Je le sais parce qu'il discutait avec la voisine d'en face.
Je leur ai dit bonjour, avec un grand sourire, et je suis retombée dans ma torpeur matinale de pendulaire ayant dormi trop peu d'heures et s'étant levée en même temps que le soleil un jour d'été (donc très très trèèèèès tôt).
Au bout d'un moment, le petit monsieur s'est tourné vers moi et de but en blanc m'a demandé pourquoi je prenais le bus. Si j'allais étudier/travailler/étais en apprentissage.
Je lui explique le pourquoi du comment, et on discute quelques minutes.
Au moment où le bus arrive, il me dit: "je vous vois tous les matins prendre le bus, alors je me demandais ce que vous faisiez".
Et c'est à ce moment là que j'ai réalisé que pour au moins une personne inconnue de moi, j'avais une importance certe mineure, mais non négligeable. J'étais visible. Il m'avait remarquée, et il se demandait où j'allais, emportée par le bus vers un lointain inconnu presque quotidiennement. Que probablement il avait essayé durant tous ces mois d'étudier mes présences et mes absences (irrégulières) et d'en tirer des conclusions sur mes activités journalières.

vendredi 23 juin 2017

Les ailes roses

J'attendais les pentes raides et caillouteuses du Mont des Dieux.
Et au final, par un concours de circonstances, ce dernier est resté mystérieux, indistinct, lointain au delà des plaines, flou à travers l'écran vibrant de la chaleur estivale.
Alors ce fut le Delta, dans la lumière du soir.
Avec des éclairs sur la montagne divine, et de gros nuages noirs au lointain.
Ce morceau de terre qui a été crée par des millénaires d'érosion de montagnes, de poussières de cailloux, grignotant un peu de terrain sur la mer, lentement.
Là-même où est cultivé le riz.
Où paissent les chevaux sauvages.
Et où les chinois pêchent les crabes bleutés.
Il y avait des milliers d'ailes dans le ciel.
Des moustiques par centaines.
Et des oiseaux.
Partout.
De toutes les tailles.
Des cigognes perchées sur des poteaux de téléphone.
Noires. Blanches. Rouges.
Les rizières vertes.
Et des pélicans.
Massifs. Lourds. Géants.
Tels d'antiques bombardiers.
Et juste à côté, perchés sur leurs fines jambes, les flamants.
Ils étaient rosés.
De la même couleur que le soleil tombant.
La beauté du lieu, du moment, des paysages.
Et puis au retour, alors que nous roulions déjà sur la voie rapide, en direction de la cité,
Cet éclat orangé au lointain, juste au dessus de l'horizon,
Tellement fin que je n'étais pas certaine.
Mais oui, c'était bien cela; un fil de lune.
Un minuscule ruban.
Qui s'est mis à grossir, grossir jusqu'à emplir tout l'horizon.
Une lune géante et pleine.
Ronde comme un melon, et tout aussi sucrée.
Ambrée comme une flamme et belle comme un matin d'été.
Et tandis que nous filions vers la ville, engloutis par les immeubles, la lune s'est envolée, de plus en plus petite, et de moins en moins ambrée, pour danser avec les êtres ailés, au bal des étoiles.




mardi 27 septembre 2016

De choses et d'autres



Aujourd'hui on a eu la sortie annuelle du travail. J'ai rejoint mes collègues après avoir pédale pendant 12 minutes, pris 4 trains différents et marché 30 minutes. Ca m'a permis de dormir 1h de plus ce matin, et en prime j'ai marché toute seule - pas longtemps hélas - dans un paysage somptueux. C'était beau. C'était frais. C'était humide et si vert. 

Je délaisse un peu mon blog en ce moment... 

Que se passe-t-il dans ma vie?

Je suis entrée dans ma dernière année de la 20aine. Et j'ai fêté ça en grande pompe (les transitions se fêtent aussi). J'ai eu 3 semaines de vacances géniales. Puis j'ai repris le travail et je bosse beaucoup, parce que j'ai des délais à tenir et de la matière à travailler. J'ai encore 3 voyages professionnels à l'étranger avant la fin de l'année. Ca m'a pris du temps (2 ans au moins...) mais j'ai enfin commencé à trouver un rythme. J'observe le monde autour de moi et donc j'aide les vieilles dames à entrer dans le bus lorsque personne ne semble les voir ainsi que les poussettes, je ramasse des casquettes perdues et des limes à ongles tombées (l'individualisme est maitre dans mon pays, ainsi que les yeux rivés aux smartphones et les écouteurs dans les oreilles). La semaine passée il y a eu des soucis de transports publics, et j'ai fait la moitié du tour du canton avec mon amie Cara pour parvenir au travail, avec plus de 1h15 de "retard". On a même tenté de faire du stop. Sans succès. Je me lève tous les jours à 5h45. Et bien que cela soit tôt, très tôt, je redécouvre la saveur qu'ont ces heures matinales. Lorsque le monde entier semble encore dormir. Avec l'arrivée de l'hiver (eh oui), même le soleil se lève plus tard que moi. Il y a tout juste un mois il se levait encore au moment où je parvenais à la gare pour prendre le train. Et le week-end, lorsque je dors jusqu'à 8h, j'ai l'impression d'avoir fait la grasse matinée. Je dévore tous les livres qui me tombent sous la main, en français, anglais, allemand et tentativement en grec. J'écoute la même chanson en boucle depuis 2 jours. J'aime mon petit village d'adoption, la tranquillité, les poules des voisins et cette proximité (sans empiéter sur les plates-bandes des autres) avec ma famille. Quelle merveille. Je savoure la vie je crois et j'ai retrouvé un peu de dynamisme qui s'était évaporé ces dernières années. 

dimanche 28 août 2016

Cher artiste inconnu du train

Cher jeune adolescent du train,

Peut-être que tu as remarqué que j'avais vu ce que tu faisais, mais peut-être que tu pensais que je n'avais rien remarqué, comme tous les gens assis autour de nous.
C'est fou ce que les gens peuvent être ignorants à ce qui se passe autour d'eux.
Enfouis dans la contemplation de leurs smartphones.
Ou peut-être juste pas intéressés.
Mais moi j'ai observé ce que tu créais.
Discrètement.
Cachée derrière mon écran d'ordinateur (oui je travaillais).
Tu as commencé par une de nos voisines, et puis le type assis à côté de moi, pour continuer par la fille aux lunettes, puis quand elle est partie et est venu s'asseoir à sa place, le jeune aux yeux fermés. Et tu as fini par me dessiner moi aussi dans ton gros cahier épais, à la toute première page, sous ces 4 autres anonymes. Tu n'as probablement pas osé me dessiner avant, même si j'étais assise pile en face de toi parce que tu avais peut-être remarqué que j'avais vu ce que tu faisais et que cela te gênais. J'ai bien remarqué ta stratégie d'observation qui consistait à lancer un coup d'oeil circulaire, de manière à ne pas fixer ton sujet.
En tous les cas tu as très bien représenté nos voisins. Le type à la casquette affalé contre la vitre. Et la fille aux lunettes. Tu as moins bien rendu le type aux yeux fermés, mais peut-être aussi parce qu'il t'était plus difficile à observer, étant situé directement à tes côtés. Je dois te dire que j'ai eu quelques instants d'appréhension lorsque j'ai vu que tu avais commencé à me dessiner, parce que je me suis demandée comment tu me percevais - comment les autres gens me percevaient.Finalement, je n'ai pas pu bien observer comment tu n'avais capturée parce que tu cachais à moitié ton oeuvre, probablement gêné par la perspective que je puisse te dire quelque chose...

jeudi 25 août 2016

A travers le ciel

La toute première que j'ai vu et qui m'a véritablement sortie de mon état de mi-sommeil a traversé tout le ciel et fut la plus grande et belle que je vis cette nuit là. 
Elle fut suivie par plusieurs dizaines d'autres. Illuminant le ciel pour quelques fractions de seconde. 
Elles semblaient filer dans toutes les directions.
Cette année, j'ai eu la chance d'être dans un lieu dépourvu de lumières artificielles et sous un ciel sans nuages. J'ai pu voir et pleinement profiter de la pluie d'étoiles filantes. C'était d'une beauté indescriptible. 

dimanche 21 août 2016

Les tours de paille

J'étais une semaine en France avec une amie. Dans le centre - ouest plus ou moins - pas au bord de l'océan. Je n'ai pas pris de photos de ce que je vais vous raconter ici - parce qu'une photo ne pourrait rendre cette image qui au final sort aussi partiellement de mon imaginaire.

J'avais oublié que la France était si gigantesque et plate (du moins dans la région où j'étais) et qu'il y a des endroits où il y a, jusqu'à l'horizon, seulement des champs de blé et quelques bosquets d'arbres. Les nuages aussi étaient différents, probablement parce qu'il n'y avait pas d'obstacles (montagnes), et étaient de parfaits petits moutons bombés au dessus, plats en dessous stationnaires dans le ciel (ce qui est inexistant ici).

C'était une fin d'après-midi d'été. Lourde. Chaude. Pendant ces heures quand la terre renvoie toute la chaleur qu'elle a emmagasiné durant la journée et que tout devient bouillant. Les contrastes de couleurs étaient superbes. Dans cette région si plate, le ciel bleu occupait plus de la moitié de l'horizon. Le reste du monde était composé de champs de blé, qui avaient été fauchés, et sur lesquels il ne restait plus que la partie inférieure des tiges rigides, dorées sur un sol ocre, et parsemés par-ci, par-là, au hasard, de quelques bosquets d'arbres vert sombre, mais peu fréquents à cet endroit précis.

Les bottes de paille avaient été récoltées et entassées en hauts ensembles rectangulaires, défiant parfois la gravité. Ce jour là, les structures qui se trouvaient au loin, à l'horizon formaient les points culminants du paysage, se détachant contre le ciel bleu. Elles semblaient être de hautes tours, ou de minuscules forteresses. Certaines mêmes possédaient des créneaux! C'était magnifique.


dimanche 31 juillet 2016

Un matin, au dessus du lac

La douceur de l'air à l'aube un matin d'été. Il n'y a personne dehors. Seulement les oiseaux, et moi qui titube encore un peu, les yeux gonflés de sommeil. 
Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas levée exprès pour voir un lever du soleil. 
C'était magique, avec les reflets et la couleur de l'eau et d'autant plus que je n'ai partagé mon spectacle avec aucun autre être humain. 
Une fois que le soleil est apparu et a disparu derrière la bande de nuages bas, je suis rentrée chez moi, ai ouvert grand mes fenêtres pour laisser entrer l'air encore frais, et suis retournée m'enfouir quelques heures de plus dans mon duvet. 
En ce moment il pleut, et il est 2h32 du matin et il y a de l'orage dehors (surtout du vent et de la pluie en fait). Je ne dors pas car des volets claquent à quelque part, et que cela me tient éveillée.






* moui, je réapparais sur mon blog! Pas certaine d'avoir grand chose à écrire ou à vous montrer ces jours parce que j'ai l'impression qu'il ne se passe pas grand chose dans ma vie.
Cependant, je peux vous dire que je fais tout de même des choses extraordinaires  de temps en temps (outre me lever pour voir le soleil apparaitre), telles que compter le nombre de différentes espèces de plantes qui poussent sur ma terrasse. Il y en a 77. C'est beaucoup pour un petit espace (une part non négligeable sont des plantes qui sont venues s'installer toutes seules dans mes pots et que je n'arrache pas). Les volets claquent toujours mais le sommeil me rattrape...