jeudi 27 août 2015

Colchiques...

Colchiques dans les prés,
fleurissent, fleurissent,
colchiques dans les prés,
c'est la fin de l'été...

aujourd'hui j'ai vu mes premiers colchiques en fleurs (en plaine donc) (quoi que la notion de plaine soit relative car ici on est à 585m et des poussières).

(je ne vous ai pas encore raconté mon histoire d'argent et de tong... ça viendra, ça viendra). 

vendredi 21 août 2015

Le garçon aux oiseaux

Les vitres de la serre étaient recouvertes de buée sur presque toute leur hauteur et je ne percevais que le sommet des plantes les plus grandes.
Tout à coup, la cime d'un arbre se mettait à trembler et quelques feuilles se détachaient du sommet. Et puis une autre plante semblait trembler, et puis encore une autre, puis à nouveau la première.
Ce manège dura plusieurs minutes, et depuis l'extérieur de la serre je me suis demandée qui pouvait bien secouer les plantes de telle manière.
Un jeune garçon émergea peu après de la chaleur moite de l'édifice.
14 ans peut-être.
Jeans, sweat shirt bleu marine... ou peut-être qu'il portait un blouson. Je ne sais plus.
Ce qui frappait le plus chez lui était son regard.
Un regard fixe qui ne s'arrêtait sur rien, qui ne balayait pas les alentours.
Il regardait le monde du coin de l'oeil, un peu en biais.
Je me suis demandée ce qu'il fabriquait là. S'il avait tenté de cueillir les fruits des arbres tropicaux (ce qui expliquerait les mouvements des cimes des arbres, mais il ne me semblait pas qu'il y avait quoi que ce soit de comestible dans la serre) et repartait avec son butin caché dans une poche.
Mais il tournait autour de la serre, le regard vers le haut, vers quelque chose que je ne pouvais pas voir.
Il hésitait d'y retourner ou non.
Et puis il s'avança vers la rangée de pommiers située tout proche.
S'arrêta sur ses pas. Tendit une main.
Couru jusqu'à la haie.
Rebroussa chemin, et puis retourna dans la serre.
Tout cela sans regarder autour de lui; toujours fixant le monde du coin de l'oeil.
C'est lorsqu'il s'est avancé vers les pommiers que j'ai compris ce qu'il faisait.
Il tentait d'atteindre les oiseaux.
Il avait suivi l'envolée de moineaux depuis les pommiers jusqu'à la haie derrière laquelle ils avaient disparu et puis était retourné dans la serre où plusieurs passereaux voletaient parmi les cimes.
C'était plus facile dans la serre, le toit limitait leur dispersion et la hauteur à laquelle ils s'envolaient.
Il secouait les arbres encore, et encore, dans l'espoir vain d'y déloger un minuscule hôte et de pouvoir l'attraper, ou du moins le toucher.
Il tendait la main vers ces boules virevoltantes; vers quelque chose qui ne faisait de sens que pour lui; vers quelque chose qu'un jour il pourrait peut-être atteindre...

vendredi 14 août 2015

les yeux jaunes

Au centre de soins par lequel je passe pour me rendre à mon bureau il y a actuellement un jeune hibou moyen duc en convalescence.
De gros yeux jaunes foncés au milieu d'une boule de plumes, d'ailes et d'un bec crochu.
Quelle merveille d'avoir pu l'apercevoir de si près...


jeudi 13 août 2015

Suissitude

J'allais écrire helvétitude, mais suissitude sonne mieux. helvétité peut-être?

N'étant pas motorisée je m'apprête à renouveler mon sésame pour avoir accès aux transports publics à travers le pays de manière gratuite illimitée (et accessoirement créer un trou béant dans mon compte bancaire).
Je me rends donc à la gare, avec mon ancien abonnement, mes maigres bons de réduction et le poids du futur trou de mon compte en banque dans le ventre.
J'attends patiemment mon tour et puis j'explique ce que je veux et tout.
Cette année, grande nouveauté dans le pays: tous les abos sont réunis en une seule carte (rouge of course) et sur laquelle moultes services pourront être proposés (outre les abos des diverses compagnies de transports régionaux et nationaux, les prêts de vélo, de voiture, et l'accès à certains domaines skiables) (concept du all in one). Pratique donc.

Sauf que je suis repartie sans ma carte pivoine, car le système a eu un problème technique et plus personne ne pouvait accéder aux dossiers des clients.

Krékrékré.

Bienvenue à l'ère de l'informatique et du tout informatisé.

I'll try again later.

p.s. au prochain épisode des aventures aux sources de l'Helvétie (que j'écrirai quand j'aurai accès à mes photos again): comment un billet de banque a entrainé l'agonie d'une chaussure.


mardi 11 août 2015

Katze - aventure aux sources de l'Helvétie part I

Sphinx faisant la garde au beau milieu d'un centre commercial dans un petit patelin du centre de la Suisse. Petite merveille sur coussinets. <3


samedi 8 août 2015

Force

Il y a un an, les arbres ont été rasés.
Préventivement.
Cela avait un lien avec ce parasite, qui pourrait décimer les forêts du pays.
Alors ils ont haché menu tous ces géants.
Ils les ont réduit en poussière.
Le monde a perdu un peu de sa couleur et de sa structure ce jour là.
L'hiver, gris et blanc s'est installé.
Les souches se sont faites couvrir de neige, de gel, de soleil et de vent.
Le printemps est revenu, comme toujours.
Et puis autour de certaines de ces souches, de jeunes pousses ont étiré leurs feuilles vertes tendres vers le ciel.
La tondeuse leur est passée dessus; mais cela n'a fait que multiplier par 5 le nombre de tiges, et accroitre leur vigueur.
Puis leurs feuillage s'est flétri sous l'effet du désherbant.
Mais ces arbres ne peuvent pas être tués.
A plusieurs mètres de la souche la plus proche, il s'est passé quelque chose d'étrange.
Le goudron s'est fissuré.
Lentement.
Mais de plus en plus, jour après jour.
Cela a fait comme un cône de volcan qui se forme; mais en beaucoup plus vite.
La partie centrale s'est soulevée, laissant voir le noir profond du gouffre tiède.
Il y a 4 jours, des enfants ont fini par enlever les morceaux brisés qui recouvraient le centre du cratère.
Dessous, il y avait des dizaines de pousses jaunes, et tout autant de feuilles toutes pâles.
La fissure s'est agrandie au fur et à mesure que les tiges ont émergé du trou béant.
La croissance des pousses était presque visible à l'oeil nu.
Jour après jour l'on pouvait constater les différences; quelques cm d'acquis pendant la nuit, une nouvelle feuille déployée...
Aujourd'hui, 4 jours après leur éclosion, elles mesurent déjà la hauteur d'une main.
C'est fou la force que peut avoir un arbre...

lundi 3 août 2015

moon dust

C'était une nuit obscure, emplie d'une moite chaleur d'été.
Le monde était invisible car toutes les ombres se confondaient et rien ne se voyait.
Tard dans la nuit, un gigantesque disc doré était apparu au dessus des falaises.
Immense et presque rond.
La lune.
Scintillante et semblable à une monnaie du pape géante.
Elle s'était levée doucement, couronnant collines et forêts.
Puis, dans un mouvement très lent, était descendue le long de la falaise, avec la même cadence qu'une plume qui tombe du ciel.
Elle s'était posée sur la rivière telle une barque ronde.
Un rameur à large chapeau était venu s'y installer et l'avait emmenée dans le courant, enfonçant en silence sa longue perche dans les profondeurs noires de la rivière.
Longtemps il vogua ainsi, traversant cours d'eau et lacs jusqu'à disparaitre là où l'eau devient épicée.
Il ne resta plus qu'une nuée de lucioles; de la poussière de lune.